Quelques jours à peine après la KBC, c'est au tour du groupe Fortis, le leader sur le marché hypothécaire belge, à annoncer une hausse de ses tarifs hypothécaires applicable à partir du 18 septembre. Il a, lui aussi, surtout majoré les taux à court terme. Le taux avec révision annuelle passe de 4,35 pc à 5,10 pc. Le taux révisable après dix ans passe, lui, de 5,10 à 5,35 pc (67,22 euros pour 10 000 euros sur une durée de 20 ans).

Il y a fort à parier que les autres grandes banques belges vont suivre le mouvement dans les prochains jours.

Fakirs du crédit

«La hausse de taux reste plus limitée pour les formules à taux fixe, car leur taux est basé sur celui des taux à long terme qui ont été moins affectés par les récentes augmentations de taux de la Banque centrale européenne», souligne Fortis dans son communiqué publié hier.

La bonne formule

D'ailleurs, la très faible différence entre les taux à court et long terme pousse les emprunteurs à privilégier les formules à taux fixe. La formule 20 ans fixe est choisie par 28 pc des clients de Fortis et les crédits à 25 ans par 18 pc d'entre eux.

Les candidats emprunteurs doivent-ils s'inquiéter de cette annonce? Certainement pas. «Les taux montent dans des mesures tout à fait raisonnables», souligne André Riano, courtier en crédits immobiliers. Toutefois, précise-t-il, cela risque de «faire mal» à ceux qui ont souscrit à des taux variables. D'autant que certains n'avaient pas prévu un «cap» (taux plafond). «Ce sont les fakirs du crédit», souligne-t-il.

Et pour lui, il ne fait pas de doute que, vu les conditions actuelles sur le marché hypothécaire, «la bonne formule» est le taux révisable après dix ans. Car elle permet d'emprunter encore largement au-dessous des 6 pc. Il insiste aussi sur le fait que plus que le taux, c'est le montant payé par mois (en tenant compte également des assurances) qui est déterminant.

Un autre expert du secteur fait, lui, remarquer que les taux affichés par les banques sont uniquement indicatifs. Un (bon) client devrait pouvoir obtenir des taux (nettement) inférieurs à ceux qui sont affichés. Il n'y a donc vraiment pas péril en la demeure.

De plus, renchérit André Riano, plus que le niveau des taux d'intérêt, c'est le prix de plus en plus élevé de l'immobilier qui est dissuasif. Toute la question est donc de savoir si le tassement perçu au cours de ces derniers mois, en particulier au niveau des prix des biens haut de gamme, va se poursuivre.

© La Libre Belgique 2006