Les banques se portent mieux aujourd’hui. Grâce aux banques centrales qui leur passent de l’argent presque gratuitement. Les taux extrêmement bas auxquels les banques se financent ne sont cependant pas transmis aux entreprises. Celles-ci continuent à payer les mêmes tarifs qu’avant la crise. Les banques haussent donc leurs marges de profits de façon spectaculaire.

Les actions des banques centrales visant à stimuler l’économie ont donc comme effet principal d’augmenter les profits des banques sans que cela profite aux entreprises. Tant mieux pour les banques. Les banquiers ne sont pourtant toujours pas satisfaits. Au moment de la crise, les autorités publiques en Belgique et à l’étranger ont donné des garanties d’Etat couvrant la grande partie des engagements des banques (dépôt des particuliers, dépôts interbancaires).

Les banques paient en contrepartie une prime à l’Etat. Mais aujourd’hui les banquiers voudraient se débarrasser de ces garanties d’Etat qui leur coûtent trop cher. Les banquiers nous disent qu’ils n’ont plus besoin de ces garanties, puisque les marchés se sont stabilisés. Le gouvernement doit s’opposer à cela. Même si l’Etat retire ses garanties explicites, il y aura toujours une garantie implicite. Dans une crise bancaire future, l’Etat interviendra avec certitude afin de sauver les banques, surtout les grandes banques.

Ce que les banquiers voudraient aujourd’hui est comparable à une assurance incendie qui prévoirait que l’assuré ne paie une prime qu’au moment de l’incendie. Quand les pompiers sont partis et que la maison est remise en état, l’assureur ne paierait plus de prime. Aucune assurance n’accepterait un tel contrat. L’Etat ne peut accepter un tel contrat.

Ma proposition consiste à introduire une taxe qui serait un pourcentage du bilan des banques. De cette façon, l’Etat est compensé pour ses services d’assureur implicite. Cette taxe devrait être progressive. Donc, plus le bilan des banques augmente, plus ce pourcentage augmenterait. La raison est bien simple. Les grandes banques créent plus de risques systémiques que les petites banques. Une telle taxe permettrait aussi d’éviter que les banquiers deviennent de plus en plus grands. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une grande banque.