Tele2 est officiellement le nouveau propriétaire de Versatel. Grégoire Dallemagne, le patron de Tele2 Belgique, l'a confirmé jeudi, en précisant que l'OPA lancée par sa maison-mère en juillet dernier permet désormais au groupe suédois de détenir 82 pc du capital de l'opérateur néerlandais.

Les deux filiales belges restent pourtant deux sociétés séparées pour le moment. Ce n'est que d'ici trois mois que les groupes de travail mis en place devraient fournir leurs premières conclusions sur la stratégie et le mode de fonctionnement de la nouvelle entité.

Ce qui n'empêche pas Grégoire Dallemagne d'estimer d'ores et déjà qu'il devrait y avoir «très peu de redondances» entre les deux sociétés. «En Belgique, Tele2 et Versatel sont probablement les opérateurs les plus complémentaires qui existent», dit-il. En gros, Tele2 est fort sur le marché résidentiel alors que Versatel s'adresse davantage aux entreprises et aux opérateurs. La société néerlandaise dispose par ailleurs d'un réseau de 1.000 kilomètres de fibre optique en Belgique, ce qui va permettre à Tele2 de réaliser de substantielles économies. Versatel est également présente dans la téléphonie mobile via un accord avec Base. Aux Pays-Bas, la société est même active dans la télévision, et elle a d'ailleurs acquis les droits du football néerlandais.

Belgacom dans le viseur

«Notre but est certainement de continuer à développer notre offre mobile», dit Grégoire Dallemagne. «En ce qui concerne la télévision, rien n'est encore décidé mais nous continuerons bien sûr à suivre de près ce qui se passe aux Pays-Bas.»

Quant à la marque utilisée par la nouvelle société, ce sera Tele2 Versatel sur le marché professionnel et Tele2 sur le marché résidentiel. Logiquement, c'est sous cette dernière marque que les deux sociétés viennent de lancer leur premier produit commun: «All in». Accompagné d'une grande campagne de publicité, ce service combine ADSL et téléphonie fixe pour 39,90 € (communications non comprises). Principal avantage de cette nouvelle offre: ses utilisateurs peuvent se passer de l'abonnement payé tous les mois à Belgacom.

Le monopole de Belgacom sur cette redevance constitue d'ailleurs le principal cheval de bataille de Tele2, qui a déjà recueilli 50.000 signatures pour y mettre fin. Il espère atteindre les 100.000 d'ici le 5 décembre, jour où cette pétition sera remise au ministre de l'Economie Marc Verwilghen et au président de l'IBPT, le régulateur du secteur des télécoms.

© La Libre Belgique 2005