France Télécom et l'espagnol Telefónica envisagent de déposer une offre en vue de pénétrer dans le capital d'Olimpia, maison-mère de Telecom Italia. L'offre des deux groupes porterait sur une participation de 66 pc dans Olimpia, annonce jeudi l'édition européenne du quotidien américain "Wall Street Journal". L'actionnaire principal de Telecom Italia, Pirelli, négociait jusqu'ici la vente de ses parts avec le groupe de télécoms américain AT & T et avec le mexicain America Movil. Pirelli possède actuellement 80 pc des parts d'Olimpia et contrôle ainsi 18 pc de l'actionnariat de Telecom Italia. Les deux entreprises offrent 2,82 euros par action Telecom Italia, déduction faite des dettes encourues par Olimpia.

France Télécom et Telefónica avaient déjà fait part antérieurement de leur intérêt pour le paquet d'actions proposé. Mais la question du degré d'influence que pourraient avoir des entreprises étrangères dans Telecom Italia a suscité un vif débat dans la péninsule. Deutsche Telekom, dont la candidature avait également été évoquée, a par contre nié être intéressé par une entrée dans le capital de Telecom Italia.

Les actionnaires se déchirent

Depuis mercredi, l'opérateur italien est secoué par des déchirements entre ses principaux actionnaires italiens. L'exclusion du président de l'opérateur, Guido Rossi, de la liste présentée par Pirelli pour le renouvellement du conseil d'administration, le 16 avril, a déclenché une bataille ouverte aux conséquences incertaines entre actionnaires.

La banque d'affaires Mediobanca et l'assureur Generali, deux piliers du capitalisme italien, ont violemment dénoncé l'absence de concertation, alors que les trois groupes sont liés par un pacte d'actionnaires. Les deux camps se sont affrontés ouvertement par communiqués interposés dans la nuit de mercredi à jeudi, Pirelli affirmant être dans son droit, tandis que Mediobanca et Generali réclamaient une réunion d'urgence du pacte d'actionnaires. Generali détient 1,9 pc de l'opérateur de télécommunications et Mediobanca environ 4 pc. Le patron de Telecom Italia, Guido Rossi, désormais en conflit ouvert avec le président de Pirelli, Marco Tronchetti Provera, qui l'avait pourtant porté à la présidence de l'opérateur italien en septembre 2006, envisage de démissionner avant l'assemblée générale du 16 avril. "J'étudierai toutes les options dans l'intérêt des parties prenantes", a-t-il confié au journal "La Repubblica". M. Rossi a comparé la situation actuelle à un "soukh" et dénoncé la gouvernance de l'entreprise, qui a permis à un homme, Marco Tronchetti Provera, de s'emparer en 2001 du 1er opérateur italien avec quelques centaines de millions d'euros sans lancer d'OPA.

Si la liste de M. Tronchetti Provera l'emporte lors de l'assemblée générale du 16 avril, la présidence devrait revenir à l'ancien patron du groupe STMicrolectronics, Pasquale Pistorio. Mais de nouveaux rebondissements sont possibles d'ici là. Les négociations ouvertes par M. Tronchetti Provera avec ATT et le mexicain America Movil ont déclenché l'alarme au sein du gouvernement italien, qui craint la perte d'un fleuron industriel. (AFP)