Plusieurs sociétés chinoises se sont déjà établies dans la cité-Etat pour rayonner dans la région de quelque 650 millions d'habitants, toujours plus friande de contenus et services numériques.

Tencent "renforce sa présence à Singapour pour soutenir son activité en croissance en Asie du Sud-Est et au delà", affirme le groupe dans un communiqué.

Tencent, qui dispose déjà de bureaux en Malaisie, Thaïlande et Indonésie, a lancé une campagne de recrutement à Singapour.

Selon des sources interrogées par l'agence Bloomberg, les projets d'installation de sièges régionaux à Singapour se sont accélérés au sein des états majors économiques depuis les récentes tensions géopolitiques entre la Chine et d'autres grandes puissances.

Le président Donald Trump, engagé dans un conflit commercial et politique avec Pékin, a menacé l'application chinoise de partage de vidéos TikTok (ByteDance) et la plateforme WeChat (Tencent) de fermeture aux Etats-Unis.

De son côté, l'Inde a interdit une centaine d'applications chinoises, dont le jeu de Tencent très populaire PUBG Mobile, en réponse au conflit armé qui s'envenime à la frontière himalayenne indo-chinoise.

Plusieurs géants du numérique ont déjà misé sur Singapour, dont ByteDance qui prévoit d'y investir des milliards de dollars, alors que le géant du e-commerce Alibaba est, selon Bloomberg, en discussions pour investir quelque 3 milliards de dollars dans la plateforme VTC singapourienne Grab.

De nombreuses multinationales ont établi leur siège régional à Singapour, havre de stabilité par rapport aux autres pays de la région. L'île, longtemps en rivalité avec Hong Kong, pourrait aussi profiter du renforcement de la mainmise chinoise sur la place financière qui fait peur aux investisseurs, selon les experts.

Les dirigeants de Singapour, dont la population est en majorité d'origine chinoise, se sont montrés prudents en cultivant de bonnes relations aussi bien avec la Chine que les Etats-Unis.