La Chine est sur toutes les lèvres dès qu'il s'agit de textile et d'habillement. La Tunisie, 6 éme fournisseur de l'Europe, notamment en jeans et vêtements de travail, a décidé de mettre cette angoisse de côté et à agir de manière positive. Elle a ainsi «rhabillé» son salon textile (créé en 1997) aux couleurs euro-méditerranéennes, ambitionnant qu'il devienne l'événement majeur de la zone. «Texmed Tunisia(1) se tiendra les 14, 15 et 16 juin prochains à Tunis», a expliqué son commissaire, Riadh Attia, lors d'une conférence de presse organisée par le Trade Mart, qui se positionne de plus en plus sur la scène internationale. «Nous attendons plus de 200 exposants, dont 180 déjà confirmés: 140 exposants tunisiens, pour l'essentiel des entreprises ayant des capacités de production, et 43 exposants étrangers - du Portugal, invité d'honneur, de Turquie, France, Belgique... - en majorité des sous-traitants».

«Le secteur doit être boosté en Tunisie, renchérit Férid Tounsi, PDG du Cepex, Centre de promotion des exportations, co-organisateur de l'événement avec Fenatex, la Fédération nationale du textile. Texmed est un outil de ralliement permettant aux différents opérateurs de se rencontrer pour créer de la valeur ajoutée». Dans les stands: des fabricants et des sous-traitants. Dans les allées: des acheteurs de marques, des responsables de centrales d'achat, des représentants de circuits de distribution, des investisseurs désireux de trouver des opportunités d'implantation d'usine, etc. «Il ne s'agit donc pas seulement d'acheteurs au sens strict, ajoute-t-il, mais aussi d'hommes d'affaires curieux des possibilités qu'offre le pays. Le tout sur fond de discussions concrètes sur le secteur et son avenir dans la zone Euro-Méditerranée».

La carte de la proximité

Face à la Chine ou à tout autre pays asiatique, le combat sur les prix et la quantité est perdu d'avance. «Il faut jouer sur d'autres atouts, reprend Riadh Attia. Des délais de livraison courts offrant une capacité de réaction plus rapide; une créativité plus proche des attentes du consommateur européen; un travail de qualité haut de gamme sur des quantités plus faibles».

Des atouts auxquels le gouvernement ajoute la cerise. «Le «made in Tunisia» en matière textile est plutôt un «Made in Euro-Tunisia», souligne le directeur du Cepex. Quatre-vingt pc de la matière première viennent d'Europe et près de la moitié des entreprises tunisiennes sont à participations étrangères. Grâce, notamment, à une exonération totale d'impôts pendant les 10 premières années et de 50 pc ensuite». Un tarif qui, au 1 éme r janvier 2008, dans le cadre de la mise sur pied de la zone de libre échange avec l'Europe, pourrait diminuer à 10 pc.

© La Libre Belgique 2006