Le fait que le voyagiste britannique Thomas Cook ait puisé plusieurs millions d'euros dans le "cash pool" du groupe n'est pas une surprise pour le syndicat libéral mais "cela est dur à avaler pour le personnel", selon Els De Coster, responsable à l'ACLVB. 

Cette situation a mis Thomas Cook Retail Belgique et ses 501 travailleurs en difficulté, compromettant les chances d'une poursuite de l'activité. 

Les curateurs de Thomas Cook Retail Belgique ont laissé entendre que quelques jours avant la faillite, le "cashpool" du groupe avait été vidé, ce qui a poussé la filiale belge, qui ne connaissait jusque-là pas de problèmes financiers, dans les difficultés. La filiale belge n'est finalement pas parvenue à trouver de l'argent frais et a été déclarée mardi en faillite, au grand dam de ses 501 travailleurs.

Les sociétés belges de Thomas Cook faisaient partie d'un fonds commun avec le reste du groupe. L'idée était que si une succursale manquait temporairement d'argent et qu'une autre entité avait un excédent, la première n'avait pas à emprunter inutilement mais pouvait se rabattre sur le "cash pool" du groupe.

Ce système, tout à fait légal, fonctionne bien en période de prospérité, moins en temps difficiles. Deux jours après la faillite en Grande-Bretagne, le "cash pool" a été suspendu. Mais l'argent qui s'y trouvait avait déjà disparu.

Le siphonnage du pot commun a eu lieu après le paiement du dernier salaire mensuel du personnel mais les travailleurs avaient également droit à une indemnité de licenciement, sur base de l'ancienneté, qui peut aller jusqu'à deux années de salaire.

Le personnel voit également passer sous son nez les chèques-repas auquel il avait droit et d'autres avantages sociaux. Et des entreprises créancières de la filiale belge, comme les bailleurs de bâtiments loués par Thomas Cook/Neckermann, n'ont pas été payées.

La direction belge, qui a tenté en vain durant le week-end de trouver de l'argent frais, aurait tenté d'empêcher que le "cash pool" soit vidé mais cela n'a pas été possible. Les curateurs, eux, veulent savoir où l'argent de ce pot commun est finalement allé et qui est responsable de ce transfert.