Le conglomérat allemand ThyssenKrupp a engagé une procédure judiciaire en référé contre le numéro un mondial de l'acier, Arcelor Mittal, lui reprochant de ne pas respecter son engagement de lui céder le sidérurgiste canadien Dofasco, a annoncé mardi Arcelor Mittal, qui juge la procédure " sans aucun fondement ".

L'audience doit se tenir le 11 janvier à Rotterdam, précise Arcelor Mittal, dans un communiqué reçu à Paris. "ThyssenKrupp a engagé une procédure judiciaire en référé contre Mittal Steel auprès du tribunal de Rotterdam, alléguant que Mittal Steel n'a pas respecté les termes d'une lettre d'accord" entre les deux groupes, dit Arcelor Mittal.

Un bras de fer oppose depuis plusieurs mois Arcelor Mittal à ThyssenKrupp au sujet du rachat de Dofasco. Dofasco avait été racheté pour 4 milliards d'euros en janvier par Arcelor, à l'issue d'une bataille avec ThyssenKrupp. Par la suite, Mittal Steel s'était entendu avec l'Allemand pour lui revendre Dofasco en cas de succès de son OPA hostile sur Arcelor. Mais Arcelor avait alors voulu protéger Dofasco de l'appétit de Mittal Steel par un montage juridique, en transférant les actions dans une fondation indépendante aux Pays-Bas, la Strategic Steel Stichting.

Mittal Steel et Arcelor ont fusionné l'été dernier et ThyssenKrupp espère toujours mener à bien son projet, qui le ferait passer au sixième ou septième rang mondial des producteurs d'acier. Mi-novembre, Arcelor Mittal, avait annoncé que son projet de vente de Dofasco à ThyssenKrupp était compromis, en indiquant que la fondation néerlandaise ne serait pas dissoute, alors que cette dissolution "aurait permis la vente de Dofasco".

L'action en justice annoncée mardi a pour but de faire en sorte qu'Arcelor oblige la fondation à lui restituer les actions Dofasco, est-il précisé. Le blocage de la vente de Dofasco pourrait faire les affaires d'Arcelor Mittal, qui conserverait ainsi une filiale très rentable. Elle a enregistré une très forte progression de son bénéfice net au troisième trimestre. Le premier sidérurgiste mondial avait aussi précisé vouloir " évaluer la situation " et " prendre contact avec le ministère de la Justice américain ", qui a la haute main sur les dossiers de la concurrence. (AFP)