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Tour d’horizon des applications potentielles pour les pouvoirs locaux - Une smart city en toute sécurité

Sandrine Mathen

Publié le - Mis à jour le

Aujourd’hui, le mandataire public a de nouveaux outils à portée de main : les technologies de l’information et de la communication. Que ce soit pour une plus grande interactivité avec ses citoyens ou pour être plus efficace en matière de secours et de sécurité, les applications se multiplient. Petit tour d’horizon du potentiel d’une smart city.

Le but d’une smart city est d’améliorer la qualité de vie de ses résidents grâce à l’amélioration de l’efficacité de ses services. Une smart city a la capacité d’intégrer de manière sûre de multiples solutions technologiques dans la gestion des actifs de la ville. Ces actifs incluent les écoles, les systèmes de transport, les hôpitaux, les centrales électriques, etc. L’Internet des Objets (Internet of Things - IoT) rassemble plusieurs de ces solutions technologiques.

Internet des Objets, big data et smart city
L’Internet des Objets est « constitué de l’ensemble des objets de la vie de tous les jours qui sont lisibles, reconnaissables, localisables, adressables et/ou contrôlables par Internet, par technologies RFID (radio frequency identification), LAN (réseau local) sans-fil, WAN (réseau sur grande distance) ... »
Dans cet IoT, des objets « parlent » entre eux : un smartphone communique avec un réveil, des automobiles “refusent” de se percuter. L’Internet des Objets permet via des algorithmes toujours plus puissants et adaptés, d’analyser des quantités importantes de données issues des objets connectés (routes, drones, bâtiments, infrastructures, flux, ressources humaines, etc.). Ces données faciliteront la gestion des crises ou comment l’autorité, garante de la sécurité, pourrait prendre des décisions en disposant de données en temps réel relayés par des systèmes d’information fonctionnant en réseau.

Des communes accessibles sur Facebook, Twitter… et Skype
La communication unidirectionnelle est révolue, c’est aujourd’hui l’interactivité qui prime. Une fonctionnalité de Facebook va même jusqu’à avertir l’internaute du temps moyen de réponse pris par l’administrateur de la page interrogée. Course sous contrainte à la performance ou recherche d’efficacité bien placée ?
Toujours est-il que nombre de communes sont présentes sur Facebook ou Twitter. Le premier offre la possibilité d’ouvrir une page à laquelle on peut s’abonner, le second de transmettre des messages courts. La communication envers les citoyens peut ainsi être diversifée avec l’ajout de ces canaux, ce qui augmente les chances d’atteindre sa cible. Leur grand avantage est aussi de pouvoir entrer dans un échange avec le citoyen, de répondre à ses questions … pour les traduire éventuellement en action. Quand l’appli Betterstreet invite le citoyen à lui signaler, par exemple, la présence de graffiti ou de vandalisme, il s’agit aussi d’une remontée de l’information, bottom-up, pour une meilleure gestion, un mieux vivre ensemble.
D’autres communes proposent aux citoyens d’exprimer par chat leurs questions ou remarques. C’est le cas de Koekelberg, qui propose ce service grâce à l’application Skype, et de la police boraine qui a ouvert un chat sur Facebook une fois par mois.

Un logiciel… de rédaction de procès-verbaux !
Nul besoin désormais de réquisitionner un agent de la circulation pour veiller à la sécurité de nos chères petites têtes blondes quand des panneaux de signalisation aux abords des écoles s’allument aux moments des entrées et sorties.
Voilà du personnel disponible et prêt à patrouiller pour intervenir le plus rapidement possible lors d’incidents. C’est ce que poursuit la zone de police de Bruxelles-Capitale Ixelles qui a recours, depuis 2010, à un service de radioposition permettant de localiser ses voitures mais aussi, depuis 2014, ses patrouilles pédestres. Une géolocalisation pour une répartition optimale de ses missions.
Et avec le système Blue Light Mobile (BLM), c’est la garantie d’un accès aux données mobiles sur le terrain. La carte sim 4G équipant les appareils de la zone de police Haute-Senne (région Braine-le-Comte) permet en effet un accès à la bureautique ISLP, un logiciel de rédaction des procès-verbaux, via le service high speed data d’ASTRID (BLM).

Des zones industrielles sous surveillance grâce à WhatsApp
Depuis juin 2015, WhatsApp est utilisé pour signaler tout agissement, tout véhicule suspect dans les zones industrielles situées sur la zone de police Het Houtsche (région de Bruges). Des groupes fermés ont été créés pour rassembler les chefs d’entreprise de sorte qu’ils se tiennent informés rapidement d’incidents.
La procédure établie veut que l’ambassadeur désigné de chaque groupe prenne d’abord contact avec la police via le 101 pour signaler le problème avant de transmettre l’information au sein du groupe WhatsApp. La police a quant à elle accès aux différents groupes afin de disposer de toute information utile à la gestion de l’incident telle que des photos, des vidéos qui auraient été partagées. Deux équipes sont affectées à cette tâche par commune.

Big brother’s watching you !
La police s’équipe de caméras permettant de scanner les plaques de véhicules qu’elle croise, qu’ils soient en mouvement ou en stationnement, de jour comme de nuit.
Ces caméras sont disposées sur le toit des véhicules et identifient rapidement l’immatriculation qui renvoie vers différentes bases de données. Si le système repère une irrégularité dans ces données, comme un défaut d’assurance ou la déclaration d’un véhicule volé, les agents en sont immédiatement avertis par une alerte sonore et visuelle et peuvent intervenir.
La région de Bruxelles-Capitale met sur pied une plateforme de vidéo-protection. La région compte de nombreuses caméras gérées par différentes autorités. Elle a proposé d’organiser le partage de ces images dans un souci d’amélioration de la sécurité. La zone de police Bruxelles-Ouest a lancé le projet en intégrant à la plateforme ses 140 caméras. D’autres zones de police s’ajouteront, tout comme la STIB, Bruxelles Mobilité ou encore le Port de Bruxelles. A terme, cette plateforme pourrait intégrer le centre de communication et de crise régional.

BE-Alert : quand la crise surgit !
BE-Alert est un système qui permettra d’alerter les citoyens en cas de situation d’urgence et ce, via différents moyens de communication tels que les appels vocaux, les SMS, les médias sociaux, sans oublier les sirènes. « Ce système permettra de contacter chaque citoyen en cas de catastrophe. Le projet pilote original nécessitait de s’inscrire sur le site du Centre de crise. L’ambition de la solution qui sera déployée est de couvrir l’ensemble de la population, notamment grâce à des alertes géolocalisées, indépendantes d’une inscription préalable.
En cas d’activation, l’ensemble des personnes présentes dans un périmètre donné recevra une notification par SMS.
Le système pourra être étendu aux réseaux sociaux et fournir un flux d’information pour des applications mobiles » explique Christophe Cloquet pour la Société Poppy.
Cette nouvelle plateforme d’alerte de la population devrait très prochainement être disponible pour les autorités fédérales ainsi que pour tous les Bourgmestres et Gouverneurs.

Un système intégratif de gestion de crise
L’Incident & Crisis Management System (ICMS) est un système s’intégrant dans la planification d’urgence. « Basé sur Cobra, un logiciel américain, ICMS a pour objectif de faciliter la gestion de crise, de manière à la fois verticale et transdisciplinaire, grâce à plusieurs modules adaptés : cartographie partagée, chat, logbook [livre de bord], demandes de renfort, suivi des disponibilités des hôpitaux, … » explique encore Christophe Cloquet. La transmission verticale renvoie au poste de commandement opérationnel, aux autorités communales, provinciales et fédérales.

Gestion d’urgence par les médias sociaux
En cas d’incident majeur, l’autorité administrative en charge de la phase en cours doit assurer l’information à la population. C’est le Bourgmestre en cas de phase communale. Les services du Gouverneur du Brabant wallon ont signé une convention de collaboration avec l’association française VISOV (Volontaires Internationaux en Soutien Opérationnel Numérique).
Les réseaux sociaux peuvent servir à informer la population de manière officielle sur ce qui se passe réellement, court-circuiter les rumeurs et donner les premières instructions aux citoyens sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, souligne le centre de crise. « VISOV est à la fois un analyste fiable des médias sociaux et un amplificateur planétaire des sources officielles », détaille le Gouverneur.

Conclusion : pour le meilleur… et pour le pire
Les applications se multiplient, les technologies se développent, la créativité va grandissante. Pour le meilleur … et pour le pire. Parce que si ces solutions technologiques posent inévitablement des questions concernant la vie privée, par exemple, elles restent également vulnérables par certains côtés. La cybercriminalité va elle aussi grandissante. Elle aura tôt fait de tenter de prendre le contrôle. Certains think tanks pensent même que c’est de là que viendra la prochaine vague terroriste. Il y a toujours un revers à la médaille. Le tout est de l’identifier et d’anticiper la crise pour mieux la gérer lorsqu’elle surviendra.

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