Tourisme équitable, des vacances éthiques

Tourisme équitable, des vacances éthiques
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Entreprises & Start-up

G. A. (St.)

Publié le

Du vendredi 17 au dimanche 19 octobre, une centaine d'exposants ont accueilli les visiteurs. Des projets de tourisme basés sur l'originalité des circuits et la sauvegarde de la nature y ont été présentés. Des conférences et projections ont également abordé les enjeux environnementaux et sociétaux actuels. L'objectif revendiqué par les opérateurs présents au Salon est d'inscrire le tourisme autrement dans l'optique d'une autre consommation.

Trente ans après les début du commerce équitable, celui-ci est devenu aujourd'hui un mouvement de fonds soutenu par une partie importante de la population belge. Cette dernière devient de plus en plus sensible au contenu éthique, équitable et social des produits et services qu'elle achète.

Revenons sur les principales questions posées à Marie-Paule Esquénazi, lors du "chat" organisé sur notre site le vendredi 10 octobre 2008.

Mais qu'est-ce que le commerce équitable?

Le tourisme équitable se base sur la charte éditée en France. Elle s'aligne sur les notions d'équitable reprises dans le commerce bien qu'il s'agisse d'un service et non d'un produit. Elle met en évidence le fait que toute la chaîne du tourisme doit respecter des conditions de travail basées sur l'équité et le respect. Un exemple: les producteurs de café de Colombie, qui relèvent du commerce équitable, proposent des circuits basés sur la découverte de leur production, de leur savoir faire et invitent les touristes à partager leur vie quotidienne en vivant chez l'habitant.

Y-a-t-il beaucoup de personnes pratiquant le tourisme équitable?

A ce jour, il n'y a pas de statistiques internationales mais en recoupant les données de diverses associations, on constate que près de 5% de personnes s'y intéressent au point de le pratiquer. Ce chiffre est en constante évolution positive et on peut espérer que la crise économique actuelle favorise un comportement responsable et équitable et qu'elle devienne une opportunité pour une autre consommation.

Est-il possible de faire du tourisme équitable à Djerba, par exemple?

Sans aucun doute, en privilégiant les commerces locaux plutôt que les circuits "all inclusive" aux mains des multinationales touristiques. En évitant d'acheter des produits soi-disant artisanaux et qui sont tous identiques et étiquetés "made in china" par exemple.

Le tourisme équitable ne coûte-t-il pas plus cher?

Cela peut être plus cher car toute activité a un prix. Y a pas photo: si une semaine à la mer du Nord revient moins cher (avion compris et pension complète) qu'une semaine au soleil du Sud, c'est que quelqu'un n'est pas payé correctement. A vous de choisir!

Pensez-vous que les Tours Opérateurs (TO) habituels risquent de s'y mettrent également?

Il est clair que certains TO font de la récupération marketing. Au touriste de poser les questions sur les partenaires du pays visité, les conditions de travail et débusquer ainsi ce qui est marketing et ce qui est option éthique.

Le tourisme induit l'émission de CO2. Est-il équitable de prendre l'avion pour découvrir des régions qui seront bien plus exposées que nous aux effets du réchauffement climatique?

Bonne question qui ouvre la discussion. L'usage de l'avion fait partie de l'envie de la plupart d'entre nous. La production de CO2 est un constat et le touriste responsable ne peut être indifférent. Ce qui me semble important c'est:

1) en prendre conscience pour adapter son comportement, par exemple certaines réunions professionnelles peuvent très bien se faire par internet ou téléphonie.

2) calculer l'effet réel: on découvre parfois avec étonnement l'importance de cette production.

3) éviter chaque fois qu'on le peut en modifiant ses choix.

4) et enfin compenser. Je dis enfin car le principe pollueur payeur - sans prise de conscience - ne me paraît pas gratifiant.

Le tourisme, même équitable, dans des régions plus pauvres me met mal à l'aise. Comment sommes-nous perçu, nous, Occidentaux riches, auprès de populations plus défavorisées?

La question doit leur être posée à eux; à nous, de nous comporter en n'oubliant pas que nous sommes l'étranger et que nous nous invitons dans ces régions. Donc inutile de venir avec toutes nos richesses apparentes, clinquantes, ostentatoires. Faisons preuve au contraire d'humilité et la rencontre n'en sera que plus riche pour les deux parties.

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