Soyons honnêtes : la situation budgétaire de la Belgique n’est pas la meilleure qui soit. Une dette proche des 100% du produit intérieur brut (PIB), un déficit de plus de 4 %. Quant à la différence entre les taux d’intérêt pour les emprunts allemands et belges (le fameux "spread"), elle demeure bien trop élevée et risque d’alourdir la charge de la dette. Faut-il pour cela ranger la Belgique dans la catégorie des pays à risques, subir la dégradation des agences de notation et risquer les foudres des spéculateurs ? Trois fois non.

D’abord parce que les performances budgétaires de 2010 sont meilleures que celles attendues par l’Europe. Nous faisons mieux à cet égard que de nombreux pays de la zone euro.

Ensuite parce que chez nous, la notion d’affaires courantes n’empêche pas la poursuite de la gestion de l’Etat. Elle permettra au gouvernement belge de prendre bientôt toutes les mesures budgétaires pour réduire encore le déficit et rétablir l’équilibre des finances publiques en 2015.

Ensuite parce que dans notre pays déjà largement fédéralisé, une grande partie des compétences est exercée par les entités fédérées dirigées par des gouvernements de plein exercice. On ajoutera que le taux d’épargne est exceptionnellement élevé : une grande partie de la dette belge est aux mains des citoyens belges.

Tout baigne ? Non. Cela ne réduit en rien l’urgence avec laquelle les négociateurs doivent dégager un accord institutionnel d’abord, gouvernemental ensuite. Et en cette matière, il est bien difficile d’être optimiste.