Toyota va probablement s'offrir en 2007, pour son 70e anniversaire, la couronne de premier constructeur automobile mondial, au détriment de General Motors, selon les plans de production pour l'an prochain dévoilés vendredi dans son fief de Nagoya (centre du Japon).

Le groupe Toyota - qui comprend également le constructeur de poids lourds Hino et le spécialiste du mini-véhicule Daihatsu - a annoncé qu'il produirait au total 9,42 millions de véhicules en 2007, 4 pc de plus qu'en 2006.

Quant aux ventes mondiales, elles devraient progresser de 6 pc en 2007 à 9,34 millions de véhicules. L'actuel numéro un mondial, l'américain General Motors (GM), prévoit pour sa part de produire 9,181 millions de véhicules en 2006, soit 1,4 pc de plus qu'en 2005. Les analystes doutent cependant de sa capacité à augmenter encore sa production l'an prochain, alors que son plan de restructuration prévoit plusieurs fermetures d'usines et 30 000 suppressions d'emplois d'ici 2008.

"Il est très probable que Toyota dépassera General Motors l'an prochain", estime Tatsuya Mizuno, analyste chez Fitch Ratings. "Mais ce ne sera que symbolique", ajoute-t-il, notant "qu'en termes de bénéfices et de trésorerie disponibles, Toyota est déjà le numéro un mondial devant GM, et de façon écrasante".

Interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse, le PDG de Toyota Hiroshi Okuda a soigneusement éludé la question. "Ce ne sera que le résultat final de ce que nous aurons fait", a-t-il laconiquement commenté, le visage de marbre.

Pas de triomphalisme

Le groupe nippon, qui bénéficie du vif succès de ses modèles économes en carburant sur le marché américain, prévoit déjà depuis cet automne un autre cadeau d'anniversaire pour son exercice 2006-2007 : un bénéfice d'exploitation qui dépassera les 2 000 milliards de yens (13 milliards d'euros), seuil qu'aucune entreprise japonaise, tous secteurs confondus, n'a encore jamais franchi.

Mais Toyota s'est toujours gardé de tout triomphalisme sur la question. Les constructeurs automobiles japonais gardent en effet un souvenir amer des années 1980, lorsque le succès de leurs voitures sur le marché américain avait provoqué de sérieuses frictions commerciales entre Tokyo et Washington.

Toutefois, selon le PDG de Toyota, "la situation est actuellement assez différente par rapport au passé. Nous avons constamment accru notre production locale et nous avons créé des emplois en Amérique du Nord". (AFP)

© La Libre Belgique 2006