A l’occasion du 5e anniversaire de la scission de l’ancienne SNCB en trois entités (la Holding SNCB chapeautant deux filiales : Infrabel, SNCB), l’opérateur (SNCB) en charge notamment du trafic passagers national et international (via Thalys, Eurostar) soigne sa clientèle. A partir du 13 décembre, les voyageurs transfrontaliers bénéficieront de tarifs réduits de 20 %. La baisse concerne la partie belge du prix du billet alignée sur la structure tarifaire du trafic intérieur. La mesure profite aux voyageurs des lignes Courtrai-Lille (de 8,80 € à 7,40 €), Mouscron-Lille (6,40 € à 5,60 €) ainsi que ceux des lignes Arlon-Luxembourg (10,20 € à 9,60 €) et Aubange-Rodange (5,60 € à 4,80 €).

Pour le trafic intérieur, l’entreprise introduit une nouvelle relation entre Tournai-Mouscron-Courtrai et ce, dès le 13 décembre également. Objectif : faciliter la vie des travailleurs qui traversent la frontière linguistique belge pour aller prester leurs activités au nord ou au sud et dans le même temps contribuer à motiver les chômeurs à aller chercher de l’emploi en Flandre ou en Wallonie grâce à un élément (le train) facilitant la mobilité. "Cette nouveauté permettra à l’ensemble de la clientèle de la ligne 94 (des gares de Leuze, Tournai, Froyennes, Herseaux et Mouscron) de disposer d’une seconde relation cadencée la semaine entre Tournai et Mouscron", expliquent les dirigeants de la SNCB. Ils visent à court terme un objectif de 3 500 voyageurs par jour en semaine entre Mouscron et Courtrai et 5 600 voyageurs à l’horizon 2020.

Au niveau des projets à réaliser dans un minimum de 15 mois, la SNCB envisage d’introduire une liaison directe entre Neerpelt-Hasselt et une autre entre Zelzate-Gand. Actuellement, l’entreprise a évalué la charge moyenne journalière (aller/retour) sur chacune de ces deux liaisons à environ 2 000 à 4 000 voyageurs par jour de semaine. Elle demande donc au gestionnaire d’infrastructure (Infrabel) de faire le nécessaire pour une concrétisation du projet. Reste à savoir maintenant si la demande de la SNCB rentre dans les budgets d’investissements d’Infrabel.

L’entreprise a également décidé de gâter un peu son personnel. Les accompagnateurs de trains (3 015 agents) ainsi que le personnel de vente (1 020 agents), les sous-chefs de quai (815 personnes) et le personnel d’accueil en gare (45 personnes) arboreront bientôt de nouveaux uniformes. Via un vote électronique, le personnel a choisi les modèles dessinés par le couturier belge Olivier Strelli. Chaque collaborateur concerné recevra un pantalon ou une jupe, deux chemises (une à manches courtes et une autre à manches longues), une coiffe (képi pour les hommes), une ceinture, un foulard (une cravate pour les hommes), un anorak, une écharpe, un veston et un pull-over (cardigan pour les dames). Des tests seront menés cet automne auprès de 22 agents et les nouveaux uniformes sont attendus pour l’année prochaine.

Au niveau de la structure, la SNCB a décidé de simplifier celle-ci pour une meilleure compréhension de ses quatre activités. Elle a donc décidé d’accoler un nom (anglais) à chacune de ses branches d’activités, précédé chaque fois du nom et du logo de la SNCB : mobility pour le trafic voyageurs national, Europe pour le trafic international, technics pour ses activités de maintenance et conduite, logistics pour le fret (dont B-Cargo).

Cette dernière activité est aujourd’hui en grande difficulté financière et jeudi soir la holding a décidé, sous certaines conditions, d’aider financièrement B-Cargo. Une "task force" conjointe va être créée pour plancher sur les différentes options (opérationnelles, juridiques, sociales, financières) du plan de restructuration. La filiale Cargo accusera cette année une perte d’environ 190 millions d’euros ; quatre scénarios sont sur la table dont notamment son maintien, sa cession à un tiers ou encore la cessation d’activité.

Pour ses cinq ans, la SNCB s’inscrit dans trois voies dont elle fait ses valeurs : la modernité, le pragmatisme et la passion. C’est le 19 octobre 2004 que le "Moniteur" publiait l’arrêté royal des statuts de la nouvelle SNCB. L’entreprise qui a franchi la barre des 200 millions de voyageurs en 2008 ambitionne d’en transporter 234 millions en 2012. Depuis 2004, elle dit avoir investi 600 millions d’euros chaque année pour améliorer sa flotte.