L'agence allemande de l'automobile (KBA) a ordonné à Daimler de rappeler des centaines de milliers de Mercedes Benz supplémentaires, soupçonnées d'être équipées d'un logiciel truqueur, a annoncé vendredi le constructeur.

"Nous estimons qu'un nombre moyen à six chiffres sera concerné par ce rappel", a expliqué Daimler, utilisant une formule fréquente en Allemagne et précisant que le groupe fera appel de la décision tout en "coopérant avec les autorités".

Au moins 260.000 fourgons du type "Sprinter" sont concernés par ce rappel européen, a indiqué l'entreprise dans un communiqué, précisant que l'intégralité des véhicules ont été construits avant juin 2016.

La KBA avait ouvert une enquête début octobre, selon les médias allemands, soupçonnant le constructeur de l'installation d'un "logiciel illicite" visant à faire paraitre les voitures moins polluantes en laboratoire qu'en réalité sur les routes.

Daimler a déjà dû rappeler quelque 700.000 voitures, dont près de 300.000 en Allemagne, mais conteste l'illégalité des "fonctions de gestion du moteur" épinglées par les autorités.

Le constructeur effectue au compte-goutte ses rappels, qui visent à installer des correctifs de logiciel dans les véhicules.

Les enquêtes sur ce scandale du diesel ont commencé en Allemagne en 2015 quand Volkswagen a admis avoir truqué 11 millions de véhicules, dont 2,4 millions vendus en Allemagne.

Fin septembre, Daimler avait accepté de payer une amende de 870 millions d'euros pour avoir mis sur le marché depuis 2008 des véhicules diesel qui ne respectaient pas les normes légales sur les émissions polluantes.

Mais le groupe avait insisté que cela ne changeait pas son appréciation de la légalité des logiciels utilisés.

Vendredi, Daimler a précisé que le rappel n'allait avoir "aucun effet négatif sur le résultat", précisant toutefois que d'autres rappels "ne sont pas à exclure" car "les procédure avec la KBA sont en cours".

Le fabricant de Mercedes-Benz a affiché en juillet une perte trimestrielle de 1,2 milliard d'euros, causée par des provisions dans le cadre du "dieselgate", la première perte trimestrielle pour le groupe en dix ans.

Par ailleurs, quatre responsables de Daimler sont toujours visés par des enquêtes, accusés de fraude et de publicité mensongère en lien avec la manipulation des émissions des véhicules diesel.