Qui sera le repreneur d'Opel ? General Motors (GM), la maison mère du constructeur automobile allemand, a confirmé avoir reçu dans les temps des offres de Magna, de Fiat ainsi que de la holding RHJ International.

Plusieurs sources convergent pour dire que l'équipementier canadien Magna serait en "pole position" pour le rachat. La solution Magna aurait au moins deux avantages aux yeux du groupe américain : l'équipementier dispose d'un savoir -faire technologique précieux, et le groupe pourrait faire tourner à plein les usines d'Opel en y faisant monter des modèles d'autres constructeurs.

Quid des deux autres candidats en lice ? Pour GM, l'offre de Fiat présente un inconvénient majeur, à savoir qu'elle est susceptible de faire profiter Chrysler de la technologie de GM en Europe. Le groupe turinois a en effet noué récemment une alliance avec Chrysler, lui-même concurrent direct de GM... Par ailleurs, GM n'aurait toujours pas digéré d'avoir dû verser quelque 1,5 milliard de dollars de compensations à Fiat après la fin de leur coopération en 2005. Ces handicaps n'empêchent pas le patron de Fiat, Sergio Marchionne, d'affirmer que son groupe "a plus de 50% de chances de réussir dans le duel pour Opel. Car finalement notre offre est la seule qui a un contenu et une valeur industrielles", estime-t-il.

Fiat veut présenter une offre qui ne sera pas en numéraire mais basée sur l'apport d'actifs, pour ne pas s'endetter au-delà des 19 milliards d'euros qui plombent déjà ses comptes. Selon un projet baptisé "Phoenix", dévoilé par les syndicats, Fiat prévoit de fermer six usines en Europe (y compris en Italie) et en Amérique du Sud, avec environ 10 000 suppressions d'emplois. Ce plan suscite dès lors une vive opposition parmi les syndicats d'Opel, qui emploie 25 000 personnes rien qu'en Allemagne.

Enfin, il y a la holding RHJ International, dont le premier actionnaire est le fondateur du fonds d'investissement américain Ripplewood. Selon "Der Spiegel", elle arrive en numéro deux dans le classement de GM. Opel a qualifié de "très intéressant" son projet de rachat.

Le choix final du prétendant revient certes à GM. Mais le rôle du gouvernement allemand est déterminant, car il va décider à qui il accordera des garanties financières essentielles à la survie d'Opel. Depuis plusieurs semaines, Berlin s'est beaucoup impliqué dans le sauvetage du groupe. A cinq mois des élections générales, le dossier est devenu un enjeu de campagne entre les conservateurs et les sociaux-démocrates de la coalition au pouvoir. Berlin veut trancher au plus tard en début de semaine prochaine, a annoncé Olaf Scholz, ministre du Travail social-démocrate.

© La Libre Belgique 2009