55 pc des personnes qui se sont inscrites dans les cellules de reconversion en Wallonie ont aujourd'hui trouvé un emploi... Et les autres, à votre avis, pourquoi sont-elles toujours au chômage?

Les situations sont parfois très difficiles... Peut-être, parfois, parce que les gens ne parviennent pas à préciser leur projet professionnel. Il faut savoir qu'avec la faillite de la Sabena, beaucoup se sont trouvés confrontés, pour la première fois, à ce genre de situation. Alors pour eux, se remettre en question représente parfois un problème énorme. Ceci dit, je reconnais que le taux de mise au travail est plutôt en-dessous de la moyenne habituelle après une perte d'emploi. Mais plusieurs facteurs ont joué en notre défaveur. Le nombre de gens à aider, le temps qu'il leur a fallu pour réagir - certains sortent à peine de leur période de deuil - et les mauvaises conditions économiques sont quelques-unes des explications possibles.

Les moyens mis en oeuvre pour aider à retrouver du travail étaient-ils adéquats?

Il a fallu fonctionner dans l'urgence. Mais les services ont bien travaillé. Les accompagnateurs sociaux ont fait un gros boulot notamment pour régler tous les problèmes administratifs et de primes. Souvent aussi, ils ont dû non seulement gérer l'avenir mais surtout le passé professionnel de gens qui tenaient logiquement à retrouver les conditions les plus proches possible de ce qu'ils avaient perdu. Un projet professionnel est toujours entaché par le passé...

C'est ce qui vous a le plus déplu?

J'ai surtout trouvé déplaisant que nos cellules soient plus `de reconversion´ que `d'emploi´. Or, beaucoup de personnes ont perdu une belle situation. Et certaines avaient déjà un parcours valorisant et de bonnes compétences. Dans ce cas, nous n'étions pas outillés pour leur apporter de quoi se repositionner sur le marché du travail.

© La Libre Belgique 2002