Le dollar ne va pas très bien. Hier, la devise américaine a nettement reculé face à l'ensemble des grandes devises mondiales. L'euro a même enregistré un record absolu face au billet vert, à 1,3740 dollar. La devise européenne a ainsi battu le record qu'elle avait établi le 27 avril dernier, à 1,3682 dollar.

Le dollar s'est mis à reculer nettement dans le courant de l'après-midi, sans raison apparente, alors que Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, devait prononcer un discours à 19h, heure de Bruxelles. Est-ce dans la crainte du contenu de cette allocution consacrée à l'inflation et à la santé de l'économie des Etats-Unis que les cambistes se sont mis à liquider leurs dollars ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c'est que plusieurs conditions sont réunies pour que le billet vert se replie.

"Il y a beaucoup d'interrogations sur le déficit commercial des Etats-Unis, souligne Etienne de Callataÿ , économiste en chef de la banque Degroof. Ce déficit est soutenable tant que d'autres pays disposent d'excédents et prêtent ou investissent en dollar. Mais il montre ses limites lorsque ces Etats décident de diversifier leurs réserves." Par ailleurs, la faiblesse du marché immobilier des Etats-Unis pèse sur la croissance économique américaine. Par conséquent, "a priori, la Fed (Réserve fédérale américaine, NdlR) devrait opter pour la stabilité de ses taux", indique Erik Sonntag, analyste chez ING. Or, comme on s'attend à une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne encore au moins une fois cette année, il semble logique que les investisseurs se débarrassent de leurs dollars au profit de la devise européenne.