Donald Trump a téléphoné dimanche au patron de Boeing avant l'annonce par le constructeur aéronautique de la suspension temporaire de la production de son avion vedette 737 MAX, cloué au sol depuis mars après deux accidents ayant fait 346 morts, a-t-on appris de source proche du dossier jeudi. Dans la foulée de cet arrêt, qui débutera en janvier et dont la durée est indéterminée, deux agences de notation S&P et Moody's ont dégradé la note de la dette du géant aéronautique.

Le président américain a appelé Dennis Muilenburg dimanche pour s'informer sur les détails concernant la production du 737 MAX, a indiqué cette source.

Au regard du poids de Boeing dans l'économie américaine --les spécialistes estiment que la suspension de la production pourrait enlever quelques dixièmes de points de pourcentage à la croissance de la première économie du monde-- il n'est pas surprenant que M. Trump, qui est en pleine campagne pour sa réélection, ait souhaité s'enquérir des plan du constructeur.

Outre le constructeur lui-même, les centaines de sous-traitants sont eux aussi concernés ce qui au total représente des dizaines de milliers d'emplois.

M. Muilenburg a notamment indiqué au président qu'il n'y aurait pas de licenciement.

Depuis le mois de mars et l'interdiction de vol qui frappe son appareil vedette, déjà commandé à des milliers d'exemplaires, Boeing a réduit sa production de 52 exemplaires par mois à 42 actuellement. Mais il commence à manquer de place pour parquer les avions déjà assemblés. Quelque 400 exemplaires se serrent déjà sur les terrains autour de l'usine de Renton dans l'Etat de Washington.

Dans la foulée de cette annonce, l'agence de notation financière Moody's a abaissé d'un cran la note de la dette à long terme de Boeing de A3 à A2 tout comme S&P de A à A-.

L'arrêt de la production -comme toute la crise du 737 MAX- aura un impact financier non négligeable sur le constructeur.