Il y a un mois, le voyagiste allemand Thomas Cook, n°2 en Europe (avec un chiffre d'affaires de 7,7 milliards d'euros), annonçait qu'il allait fusionner avec le n°3 du secteur, le Britannique MyTravel, en vue de former une nouvelle société, Thomas Cook PLC basée et cotée à Londres. Quelques jours auparavant, le groupe de grands magasins KarstadtQuelle bouclait son rachat complet de Thomas Cook en reprenant les 50 pc détenus par Lufthansa. Avec le rachat de MyTravel, KarstadtQuelle confirmait son recentrage à marche forcée sur le tourisme jugé plus porteur que la grande distribution. Affichant un chiffre d'affaires annuel de près de 12 milliards d'euros, le nouvel ensemble se rapprochait sérieusement du leader du secteur, l'allemand TUI, qui a clôturé son dernier exercice sur un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros dans le tourisme.

Lundi, c'est le groupe TUI qui est passé à l'offensive, annonçant lui aussi son mariage avec un Britannique, First Choice en l'occurrence. Pratiquement, TUI va fusionner en août ou en septembre sa division de tourisme avec First Choice, et conservera 51 pc de la nouvelle société, baptisée TUI Travel, basée en Grande-Bretagne et cotée à Londres. TUI conforte ainsi sa place de n°1 européen : sur la base des résultats 2006, TUI Travel pèsera 18 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel, pour un bénéfice d'exploitation (Ebita) de quelque 475 millions.

Pas d'impact en Belgique

TUI était plus ou moins obligé d'agir pour contrer le regain de forme de Thomas Cook, passé tout près de la faillite fin 2003 mais qui a depuis lors bouclé avec succès sa restructuration. TUI, en revanche, a accusé l'an passé une lourde perte nette de 847 millions d'euros, plombé par des difficultés dans son autre grande activité, le transport maritime, par la réévaluation en forte baisse d'actifs dans le tourisme et par des coûts de restructuration. TUI avait encore annoncé en décembre 3 600 suppressions d'emplois d'ici 2008, dont l'essentiel en Grande-Bretagne. "Le secteur européen du tourisme est dans une phase de consolidation et nous voulons y participer activement", a commenté lundi Michael Frenzel, le patron de TUI, reconnaissant avoir "sondé le marché depuis déjà un certain temps". Avec First Choice, a-t-il dit, "nous nous renforçons dans le segment à forte croissance du tourisme spécialisé". TUI ne chiffre pas pour l'instant le nombre de suppressions d'emplois entraînées par la fusion. Il a juste indiqué que c'est en Grande-Bretagne que se manifesterait la majorité des synergies.

Côté belge, il n'y aura pas d'impact, a assuré le porte-parole de TUI Belgium qui emploie plus de 1 300 personnes dans notre pays. "First Choice en Belgique, c'est l'ex-Bosphorus devenu Marmara mais First Choice a annoncé vouloir arrêter ses activités à la fin de la saison d'hiver", en avril. Il ajoute : "TUI Belgium présente de bons résultats et va continuer sur sa lancée". .

(avec AFP)

© La Libre Belgique 2007