Moins 3 à 6 pc à Wall Street! Les valeurs des principales compagnies aériennes américaines ont subi le contrecoup, jeudi, du complot terroriste déjoué par les autorités britanniques. Si elles se sont ressaisies quelque peu en cours de séance, la sanction immédiate n'a toutefois échappé à personne. Sur les bourses du Vieux continent, les titres des compagnies et des grands voyagistes européens ont subi un sort identique. Le marché est inquiet et il y a de quoi...

Cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, le secteur aérien international reste fragile. Lui qui a accusé plus de 40 milliards de dollars de pertes cumulées depuis lors ne s'est pas encore tout à fait ressaisi, en dépit de la reprise du trafic passagers. La preuve: il devrait encore afficher 3 milliards de pertes cette année, selon les prévisions de l'Association du transport international. Annoncé pour 2006, le retour aux bénéfices se fait attendre. Aura-t-il lieu en 2007? Ce n'est pas sûr. Les investisseurs, perplexes, se demandent si l'on ne va pas au-devant d'une nouvelle crise, attisée par une progression des coûts liés à la sécurité et à un recul attendu du nombre des passagers.

Le transport américain est le plus vulnérable. Quelques exemples: United Airlines vient juste de «sortir» de la faillite après 37 mois de cessation de paiements; Delta Airlines essuie une perte de 2,2 milliards de dollars résultant de sa restructuration; Northwest reste aussi sous la protection de la loi sur les faillites, etc.

A l'évidence, tout cela ne reflète pas une bonne santé.

Chez nous, si la majorité des compagnies ne paraissent pas trop s'émouvoir des graves incidents de jeudi, compte tenu du report des vols sur leurs hubs respectifs et de la diversification géographique de leurs activités, ce n'est pas le cas de British Airways, fort dépendante du trafic transatlantique.

Il est tout aussi clair que les nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports, et en particulier les restrictions sur les bagages à main, ne sont une bonne nouvelle pour personne dans un secteur où sévit une âpre concurrence et où le pétrole joue les trouble-fêtes.

© La Libre Belgique 2006