Les médias en parlent de plus en plus. De l’autre côté de l’Atlantique, un certain Barack Obama a utilisé ce site Web pendant toute la campagne qui l’a vu devenir président des Etats-Unis. Sur Internet, il est la coqueluche de tous les geeks et autres fanas du Web. Mais pas seulement, artistes, entreprises, ONG et bien d’autres l’utilisent… Mais qu’est-ce donc que Twitter ?

C’est un site de micro-blogging social articulé autour d’une question simple : What are you doing now ? (Que fais-tu en ce moment ?) Pour répondre à cette question, l’internaute a un espace de 140 caractères. Le message (ou update) qu’il envoie - via le Web, une messagerie instantanée ou GSM - alors est appelé un tweet (gazouillis en anglais). Tout qui va sur le profil d’une personne peut voir ses tweets mais chaque Twitter se créera plutôt une communauté d’amis avec qui il échangera ses updates. Sur sa page (voir ci-contre), l’utilisateur verra ses messages et ceux des membres de sa communauté classé par ordre ante-chronologique.

La question que l’on peut se poser concerne certainement l’utilité d’un tel service. La planète entière doit-elle savoir que @eMich se lève à 7h04 et va boire un café ? Pas forcément même s’il y a 433 personnes qui pensent autrement. C’est que Twitter ce n’est pas seulement un fatras de bruits divers. Lors de catastrophes comme le tremblement de terre en Chine ou après le crash de l’avion dans l’Hudson, les premières informations, tant textes que photos, sont arrivées par Twitter. Et c’est là que ce site devient intéressant : il devient un véritable média de l’instantané. Avec toutes les dérives que cela peut comporter. Mais aussi avec une vitesse qu’aucun média ne peut rejeter en cas de catastrophe. Il est de plus en plus considéré comme un nouveau média…

A l’heure actuelle, on estime qu’il y a 6 millions de comptes sur Twitter dont quelque 3,4 millions actifs. On est très loin des 150 millions d’utilisateurs de Facebook mais la courbe de progression est plus qu’impressionnante : le site lancé en mars 2006 par la start-up de San Fransisco Odeo Inc., par Noah Glass et Jack Dorsey, est passé en 2008 d’un statut de communauté relativement petite à celui d’une véritable success story. Une étude réalisée par la société HubSpot indique que 70 pc des millions de personnes utilisant Twitter sont membres du site depuis 2008 et 20 pc le sont depuis moins de 60 jours. Le site enregistre chaque jour entre 5 000 et 10 000 nouvelles adhésions.

Il y a un hic, et de taille, Twitter n’a toujours pas trouvé son business model. Sur le site, on peut lire que pour l’instant ce dernier est en phase de recherche et que Twitter dépense plus d’argent qu’il n’en gagne. La valeur de la société, qui emploie 17 personnes, est évaluée à 250 millions de dollars. Valeur qui pourrait croître assez rapidement. Twitter a quand même refusé une offre de 500 millions de dollars - rien qu’en actions, il est vrai - faite par Facebook fin novembre. Mais il va falloir, comme pour Facebook d’ailleurs, vite trouver un moyen de monétiser le site s’il ne veut pas être mis en difficulté. Twitter a, en attendant signé un protocole d’accord pour une nouvelle levée de fonds - la troisième. Selon TechCrunch.com, celle-ci serait supérieure à 20 millions de dollars. 2009 devrait être une année charnière pour cette start-up pour qui la crise économique est loin d’être terminée.