Le groupe américain Uber, qui cherche à compenser l'effondrement de son activité de transport de voyageurs depuis le début de la pandémie, a confirmé lundi avoir racheté l'application de livraison de repas Postmates pour 2,65 milliards de dollars (2,34 milliards d'euros) pour compléter son service Uber Eats.

Créé il y a neuf ans, Postmates peinait à résister face à ses multiples rivaux sur un créneau en pleine croissance mais très disputé.

Avec la combinaison des deux plateformes, les consommateurs bénéficieront d'un plus grand choix de restaurants et de marchands tandis que les livreurs auront plus d'opportunités, assure Uber dans un communiqué.

Le géant des voitures de tourisme (VTC) avait, selon ses derniers résultats, accusé une perte de 2,9 milliards de dollars (2,6 M EUR) au premier trimestre, et a licencié environ un quart de ses salariés en mai.

Mais son service de livraison de repas à domicile Uber Eats avait profité des mesures de distanciation sociale et de confinement, avec un chiffre d'affaires en hausse de 53% à 819 millions de dollars.

Même si ce dernier ne représentait alors qu'une portion encore maigre des 3,5 milliards de recettes accumulées en tout, Uber fait le pari de son développement.

Afin de se renforcer sur le créneau, Uber avait approché en mai la plateforme américaine de livraison de repas Grubhub mais les discussions avaient achoppé sur le prix.

C'est le groupe de livraison de repas anglo-néerlandais Just Eat Takeaway qui l'avait finalement avalée, dans une transaction par actions évaluée à 7,3 milliards de dollars.

Just Eat Takeaway, fruit d'une récente fusion entre le britannique Just Eat et le néerlandais Takeaway, entend s'imposer face au britannique Deliveroo et à Uber Eats dans ce paysage en pleine consolidation.

Uber prévoit de continuer à faire fonctionner séparément l'application Postmates.

Les activités des deux entreprises sont complémentaires avec des zones géographiques et des clientèles différentes, affirme Uber qui met aussi en avant les liens solides noués par Postmates avec les restaurants de petite et moyenne taille, ce dernier ayant conclu des accords avec 600.000 établissements aux Etats-Unis.

La transaction doit encore recevoir le feu vert des autorités, notamment celles de la concurrence, mais les entreprises espèrent la finaliser au premier trimestre 2021.