Salaire minimum, congés payés, pension de retraite: Uber s'est aligné à la décision de la Cour suprême britannique du 19 février dernier pour accorder le statut de "worker", soit salarié, à ses chauffeurs et leur donner les avantages auxquels ils ont désormais droit. L'entreprise américaine a détaillé que cela concerne 70.000 chauffeurs répartis dans tout le pays.

Par contre, ce mercredi, l'entreprise a tout de même tenu à préciser les choses, par crainte que cette décision soit mal interprétée dans les juridictions des autres pays européens.

"Uber a annoncé hier soir que tous les chauffeurs britanniques bénéficieront de nouveaux avantages et de nouvelles protections tout en demeurant indépendants, sous le statut de "worker". Un "worker" est une classification unique dans le droit du travail britannique. Les ‘workers’ ne sont pas des employés mais ont droit au salaire minimum national, aux congés payés et à une pension de retraite", communique l'entreprise.

“Comme nous l'avons souligné dans notre livre blanc le mois dernier, nous sommes prêts à faire plus et à aller beaucoup plus loin partout en Europe. Mais cela doit être réalisé dans des cadres juridiques adaptés qui garantissent des standards minimaux pour les travailleurs indépendants sans nuire à la flexibilité qui rend ce type de travail si attrayant pour eux", déclare pour sa part le CEO d'Uber, Dara Khosrowshahi.

"Liberté de choisir"

L’entreprise affirme également que “les chauffeurs conserveront la liberté de choisir si, quand et où ils conduisent. Uber continuera à ne leur imposer ni horaire, ni jour, ni lieu de travail”. Ce qui ferait d’eux, dans le cas contraire, des employés à part entière.

"Les chauffeurs gagneront au moins le salaire minimum de 10,85 livres de l'heure à Londres et de 9,50 livres dans le reste du Royaume-Uni lorsqu'ils conduisent avec l'application. Il faut savoir qu’en moyenne, les chauffeurs utilisant l’application Uber gagnent 17 livres par heure à Londres et 14 livres dans le reste du Royaume-Uni, après acceptation de la course et déduction des frais kilométriques", ajoute l'entreprise.

"Il est essentiel de noter que ces mesures sont conformes aux souhaits des chauffeurs. Uber a consulté des milliers de chauffeurs britanniques au cours des deux dernières semaines, qui ont affirmé qu'ils souhaitaient ces avantages supplémentaires mais sans perdre en flexibilité", tient à préciser Uber.

Pour le moment, malgré quelques exceptions au cas par cas, seule l’Espagne a déjà modifié, et ce récemment, son code du travail pour considérer comme salariés tous les travailleurs de plateformes comme celle d’Uber.

Si c'est une avancée indéniable pour le statut des travailleurs, difficile de savoir comment ces avantages pèseront sur les comptes, plutôt fragiles, de la société, impactée par la crise sanitaire et confrontée à une concurrence certaine, même si inégalement répartie selon les pays. 

Le titre perdait quant à lui plus de 4,3% à l'ouverture de la Bourse de New York ce mercredi.