La chancelière Angela Merkel a défendu jeudi l'idée de confier au commissaire européen aux Affaires économiques un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats membres, dans un discours devant le Bundestag, le Parlement allemand. "Nous pensons, et je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l'Europe un véritable droit d'ingérence sur les budgets nationaux", a-t-elle déclaré, en appuyant l'idée de confier un droit de veto dans ce domaine au commissaire européen aux affaires économiques.

"Je sais que de nombreux Etats membres ne sont pas encore prêts à cela, malheureusement (...) mais cela ne change rien au fait que nous allons nous battre pour cela", a-t-elle déclaré, très applaudie.

Elle s'en est pris à ceux qui ont immédiatement rejeté cette idée exprimée récemment par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. "Je suis étonnée que à peine quelqu'un fait-il une proposition pour améliorer la crédibilité (de l'Europe) aussitôt on crie : 'ça ne va pas, l'Allemagne s'isole, on ne le fera pas'. Ce n'est pas ainsi que nous construirons une Europe crédible", a-t-elle souligné.

Un droit de regard possible mais limité

Le ministre français du Budget Jérôme Cahuzac ne s'est pas déclaré opposé à l'idée qu'un responsable européen puisse avoir un droit de regard sur les budgets nationaux des Etats membres, tout en exigeant d'en "préciser le cadre" pour qu'il ne s'agisse pas d'un transfert de souveraineté.

Interrogé jeudi sur BFMTV-RMC sur la proposition allemande "de créer un ministère européen des finances", Jerôme Cahuzac a estimé que "ça n'est pas inepte", ajoutant qu'il fallait "en préciser le cadre".