Les actionnaires d'Umicore, réunis jeudi matin en assemblée générale extraordinaire à Bruxelles, ont approuvé la scission des activités cuivre de l'entreprise, qui seront désormais réunies au sein d'une entité séparée. La nouvelle société, baptisée Cumerio, sera cotée sur Euronext Bruxelles, chaque actionnaire d'Umicore recevant une action Cumerio par action Umicore détenue.

Le prix d'introduction de l'action, qui sera cotée dès approbation par les autorités boursières, devrait osciller, selon le prospectus d'Umicore, entre 9 et 12,50 euros. Cumerio sera présidée par Karel Vinck, l'ancien patron de la SNCB, tandis que Luc Delagaye, en charge des activités cuivre d'Umicore depuis huit ans, en sera l'administrateur délégué.

Lors de l'assemblée de ce jeudi, Thomas Leysen, administrateur délégué d'Umicore, a défendu la scission, jugeant qu'il s'agissait de la «meilleure option», tant pour Umicore que pour Cumerio. Umicore a fait le choix stratégique de recentrer ses activités sur les matériaux spéciaux, de haute technologie, un choix marqué en 2003 par l'acquisition de PMG. La scission aura donc le mérite de «clarifier» le positionnement d'Umicore, a expliqué M. Leysen, tout en permettant aux activités cuivre du groupe, qui présente des caractéristiques très différentes de ses autres produits, de bénéficier d'une stratégie et de moyens propres.

La tête de pont de l'entreprise sera son site de Pirdop, en Bulgarie, qui dispose actuellement d'une des plus grandes fonderies au monde, d'une capacité de 227000 tonnes, qui pourrait, à terme, être portée à 315000 tonnes. La Bulgarie présente de nombreux atouts pour l'entreprise. Elle est au coeur d'un marché où la demande de cuivre est en forte croissance (+3pc par an en moyenne), contre à peine 1pc dans le Benelux.

Les coûts logistiques, énergétiques et salariaux y sont faibles et le système de taxation particulièrement avantageux, puisque l'impôt des sociétés n'y dépasse pas 15pc. L'entreprise possède également deux autres sites: l'un en Belgique, à Olen, et le second en Italie. En tout, Cumerio emploie quelque 1600 personnes.

Pour l'avenir, les perspectives du cuivre sont «excellentes», a estimé jeudi Luc Delagaye qui table sur des résultats en progression en 2005, avec un EBIT récurrent oscillant entre 42 et 45 millions d'euros (contre 19,3 millions en 2004) et un rendement sur capitaux engagés (ROCE) de 10 à 11pc (contre 4,4pc en 2004). Le conseil d'administration devrait proposer la distribution, dès le mois de juin prochain, d'un premier dividende de 0,3 euro par action.

© La Libre Belgique 2005