Le Belge Paul Bulcke a été nommé jeudi directeur général du groupe suisse Nestlé. On peut parler de la désignation surprise d'un collaborateur de longue date alors que les analystes et les médias pariaient sur le directeur financier Paul Polman, récemment arrivé. L'actuel P.D.G., Peter Brabeck, qui a rejoint le groupe il y a près de 40 ans, conservera ses fonctions jusqu'à l'assemblée générale du 10 avril.

La désignation de M. Bulcke "a été une surprise pour tout le monde", a indiqué un analyste. Selon lui, "l a décision de Nestlé relève d'un choix conservateur, à l'image de la société". "Paul Bulcke a fait un travail formidable aux Amériques et va certainement poursuivre le recentrage du groupe vers la nutrition et la santé", a-t-il ajouté. Selon les observateurs, la nomination de M. Polman aurait présenté une rupture avec la tradition du groupe de nommer à sa tête des collaborateurs de longue date. En désignant M. Bulcke, qui a rejoint le géant helvétique il y a 28 ans, Nestlé est resté fidèle à son image conventionnelle.

"Le conseil d'administration a choisi un dirigeant fort et pragmatique, qui convient pour diri ger le groupe dans une période qui sera marquée par une phase de consolidation stratégique et opérationnelle", a dit M. Brabeck. "Paul Bulcke a fait ses preuves dans des pays émergents et industrialisés en Amérique latine et en Europe", a-t-il ajouté.

Un ancien de Louvain

Paul Bulcke, 53 ans, était jusqu'à présent responsable des ventes pour l'Amérique du Nord, l'Amérique latine et les Caraïbes. Ce diplômé de commerce de l'université de Louvain a fait quasiment l'ensemble de sa carrière chez Nestlé, qu'il a rejoint comme stagiaire en 1979.

M. Brabeck, un Autrichien de 63 ans, avait été nommé directeur général de Nestlé en 1997 et président du conseil d'administration en 2005. Sous sa direction, le groupe s'est transformé en société de nutrition, de santé et de bien-être, notamment avec l'acquisition de Gerber (aliments pour bébés) et des activités nutrition et santé auprès de son compatriote Novartis pour 8 milliards de dollars. Le groupe, qui a réalisé au premier semestre un bénéfice net de 4,9 milliards de francs suisses (+ 18,4 pc), avait récemment annoncé vouloir dépasser ses objectifs fixés pour 2007 et tabler sur un renforcement de ses activités dans les pays émergents.

"Nous allons atteindre nos objectifs 2007 et vraisemblablement les dépasser", avait estimé M. Brabeck, indiquant qu'un chiffre d'affaires annuel de 100 milliards de francs suisses (60 milliards d'euros) était envisageable.

La Bourse suisse a réagi avec une baisse abrupte du titre Nestlé, qui affichait lors de l'annonce -2,27 pc à 517 francs suisses, dans un marché en recul de 1,14 pc. Plutôt qu'à la nomination, la chute de l'action a été attribuée par les commentateurs à des prises de bénéfices. (AFP)