Réserver une voiture, la louer et la déposer là où l’on veut : c’est désormais possible à Bruxelles. Le système de voitures partagées en "free-floating" a débarqué dans la capitale belge. En juin dernier, la législation de la Région bruxelloise avait ainsi été modifiée laissant le feu vert à différents grands acteurs mondiaux du partage de véhicules. Après Drivenow (BMW et Sixt) et avant l’allemand Car2Go, c’est l’américain Zipcar (racheté par l’entreprise de location Avis en 2013) qui a lancé hier ses services dans 16 communes de Bruxelles.

Et c’est une première expérience de "free-floating" pour la société présente dans 500 villes et qui compte déjà un million d’utilisateurs à travers le monde. "Bruxelles est notre service de voitures partagées le plus flexible au monde", explique Nicholas Cole, le président de Zipcar International. Comprenez, que ce soit à Boston, à Londres ou à Paris, le conducteur d’une Zipcar doit toujours remettre sa voiture louée dans un emplacement précis. Or à Bruxelles, il a l’occasion de la garer n’importe où au sein d’une zone couvrant 16 communes bruxelloises ainsi que l’aéroport de Bruxelles-National. "C’est aussi rapide d’accéder aux voitures Zipcar qu’à une voiture personnelle", explique le directeur pour la Belgique, Etienne Hermite, dont la société a déployé hier 250 voitures, des Peugeot 208, à travers le territoire bruxellois.

"Posséder une auto est une chose du passé"

Comment cela fonctionne ? L’inscription et la réservation de la voiture la plus proche se font via une application mobile ou via une carte. Le client dispose alors de 15 minutes pour récupérer le véhicule qu’il ouvrira avec son téléphone ou sa carte, les clefs étant dans la boîte à gants. Se garer où l’on veut, couper le moteur et laisser les clefs à l’intérieur de la voiture suffisent à mettre fin à la location. Les clients paient à la minute, de l’ordre de 25 centimes, sans abonnement annuel ou mensuel. Tous les coûts sont compris dans ce montant : assurance, parking (en rue ou dans les Interparking), entretien, assistance et carburant. Zipcar estime, par exemple, qu’un trajet de l’Université libre de Bruxelles à la salle de concert de Forest-National dure 16 minutes pour un coût de 4 euros. A l’aéroport de Bruxelles-National, les conducteurs Zipcar disposent d’un parking spécialement réservé, moyennant un forfait de dix euros.

D’après une enquête de Zipcar, menée auprès de 400 conducteurs, un Bruxellois sur cinq envisage d’abandonner sa voiture avec l’arrivée du "free floating". "Un changement est en train de s’opérer", observe Céline Fremault, ministre bruxelloise en charge de l’Environnement.

En 2019, des bornes électriques partout

Petit bémol : les voitures Zipcar ne sont pas électriques. "L’infrastructure bruxelloise n’est pas encore assez développée", déplore M. Hermite. Pascal Smet, ministre de la Mobilité, promet que la Région devrait être couverte de bornes de rechargement pour 2019 . "Que ce soit pour aller faires des courses importantes ou chercher ses enfants, tout le monde a besoin un jour ou l’autre d’une voiture, explique M. Smet. Mais posséder un véhicule est une chose du passé, le partager, c’est le futur."