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Un canal s’est retrouvé

C.M.

Publié le - Mis à jour le

L’histoire du site de Tour&Taxis débute au milieu du XIXe siècle, du moins pour ce qui est de son bâti, qui sera occupé jusqu’au début des années 80. Pour ce qui est du début de sa réaffectation, la datation est bien plus compliquée. En 1987, quand ses 30 hectares sont classés en "zone d’équipement d’intérêt collectif ou de service public" au plan de secteur ? En 2001, quand ses nouveaux propriétaires privés créent Project T&T pour le développer ? En 2003, quand les premiers occupants s’installent dans les 40000 m² de l’Entrepôt royal rénové. En décembre 2008, quand un Schéma directeur est - enfin - approuvé ? En avril 2009, quand paraît l’arrêté permettant, en sus des 50000 m² à retrouver dans l’ancienne Gare maritime, la construction de 370000 m² neufs sur l’ensemble du site, dont 40 % de logements, 10 % d’espaces publics, le reste devant se partager différentes fonctions avec un maximum de 40 % de bureaux ? Ou encore, fin 2009, quand Project T&T obtient l’autorisation de construire 218000 m² dans la ZIR 6A, en sus des 40000 m² neufs autorisés dans la ZIR 6B ?

Cette question restera sans doute sans réponse. Quant aux superficies des nouvelles constructions (260000 ou 370000 m², voir ci-dessous), on ne les connaîtra que dans 10 ou 15 ans, quand le développement du site sera finalisé. Pour ce qui est des principes de base qui sous-tendent le projet, il n’y aura, par contre, pas de changement. "Dans les projets précédents, on se concentrait sur le vide, on remplissait le terrain vague, explique Michel De Bièvre, CEO de Project T&T. Alors que maintenant, on se concentre sur l’espace public et sur le patrimoine existant."

Avec trois mots d’ordre en tête. "Un, redynamisation du patrimoine, poursuit-il. Nous avons un patrimoine industriel unique qui représente une image ancienne de la richesse de Bruxelles. Dont le clou est la Gare maritime, la plus grande gare jamais construite (4 ha) qui deviendra le centre nerveux du site." L’idée est d’en faire un "village sous toit" abritant, derrière des murs partiellement transparents, des commerces - "mais pas un shopping center qui tuerait le site" -, des cinémas peut-être, une école de cirque, des restos "le long d’une avenue avec terrasses", une boîte de nuit Et dans l’Hôtel des douanes qui longe la gare, un théâtre, une salle de bal ou d’exposition, des commerces de luxe "Tout est possible." Avec ceci que tout ce patrimoine sera relié, de manière souterraine et piétonne, à l’Entrepôt royal via les Sheds (où se tiennent les foires du Livre et des Antiquaires notamment).

Au-delà de la Gare maritime, seront inscrits des bureaux et des logements. "La mixité est indispensable pour atteindre le défi de faire du site Tour&Taxis un véritable quartier, poursuit-il. Dont une forte proportion de logements : 140000 m² pouvant abriter 3000 habitants." Ils seront séparés les uns des autres par une rue, carrossable sur son premier tronçon et qu’empruntera notamment le tram venant de la gare du Nord par la future passerelle Picard au-dessus du Canal. "Le tram continuera sur sa lancée au travers du site vers Bockstael, le long d’une coulée verte, ajoute Michel De Bièvre. Ce parc démarrera avant le site de Tour&Taxis, le long du canal, et se prolongera après, pris en charge par les pouvoirs publics." Au total, il s’étendra sur 15 ha, dont 9 sur le site proprement dit.

Deuxième mot d’ordre : durable. Le premier immeuble neuf du site, érigé face à l’Entrepôt royal sera d’ailleurs passif (fin 2012). Il est d’ores et déjà réservé par l’IBGE qui y voit l’occasion de se positionner plus encore dans le durable. Avec ses quelque 16000 m², il sera le plus grand immeuble passif d’Europe. Sa toiture bombée, son atrium vitré, ses terrasses intérieures ont été signés par le bureau néerlandais Cepezed. "Mais le durable va bien au-delà des aspects purement constructifs", ajoute le CEO du projet, qui évoque tour à tour l’intégration des chancres, le retour en ville, la sécurité

Troisième mot d’ordre : Waterfont. "La Ville et d’autres promoteurs (Ndlr, comme Atenor, voir ci-contre) font pas mal d’efforts pour rénover les abords du canal entre la porte de Ninove et le Quai des Armateurs. On ne pouvait manquer ce rendez-vous, conclut Michel De Bièvre. Fin 2008, on a acheté le terrain Q8, sur la rive gauche du canal, au pied de la future passerelle Picard. Y sera construit un complexe de 15000 m² (logements, hôtel, bureaux) qui ouvrira la perspective vers et venant de la gare du Nord. Ce terrain et son bâti seront la véritable porte du site de Tour&Taxis côté centre-ville."

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