Jusqu'au début des années 80, tout allait plutôt bien pour le monde belge des courses. Jusqu'en 1986, le PMU, l'organisme de collecte des paris, réalisait un chiffre d'affaires de 6 milliards de francs par mois. `Une fois que les gagnants avaient été payés, le solde positif était redistribué aux sociétés qui organisaient des courses´, explique Michel Puissant, le secrétaire général du Jockey-Club (la fédération des courses au galop). Et puis soudainement, la situation se dégrade. Que se passe-t-il? Les programmes des sociétés de course (et donc les montants à payer aux écuries) sont fixés en début d'année avant de connaître les recettes du PMU. Or celles-ci sont en chute libre, à cause de la concurrence faite par des jeux du hasard tels le Lotto où une mise de départ moindre qu'au tiercé permet de devenir peut-être un jour millionnaire... en euro. On se trouve dans une `spirale infernale´, ajoute Michel Puissant.

La Société royale d'encouragement de la race chevaline (SRE) qui exploitait les hippodromes de Boitsfort et de Groenendael spécialisés dans les courses au galop (comme Ostende) sera directement touchée par le déclin du monde belge des courses. Cette ASBL où aux assemblées se côtoyaient au début des années 80 des gens du monde des affaires comme Gérald Frère (le fils d'Albert), Armand Blaton et de l'aristocratie comme la marquise de Murga, a du mal à nouer les deux bouts. C'est le comte Bernard de Liedekerke Beaufort, le dernier président, qui en 1995 demande la liquidation.

Mais une diversification s'est faite avant cela. Le golf qui occupe environ 20 hectares avait ouvert ses portes en 1988. Pendant plusieurs années, il va d'ailleurs cohabiter avec les courses, ce qui oblige les golfeurs à interrompre leur jeu pendant les quelques minutes que durent les courses, raconte le président Patrick Massion.

Ce qui est sûr c'est que cette réaffectation est un succès. La liste de membres à l'année (650) qui paient une cotisation de 800 € par an affiche complet. En revanche, chacun peut venir à la journée, et faire appel aux cinq professeurs mis à la disposition de tout le monde. Cette école de golf est organisée sous forme d'ASBL qui loue les services d'une coopérative dans laquelle on retrouve notamment Patrick Massion et sa femme. L'activité est rentable et a plus que probablement encore de beaux jours devant elle.

© La Libre Belgique 2002