Air France a dit adieu vendredi à l'A380 avec un dernier vol de deux heures offert à 516 salariés de la compagnie à bord du géant des airs, auquel la crise du coronavirus a donné le coup de grâce.

Pendant deux heures, les 516 passagers -pilotes, hôtesses et stewards, mécaniciens etc.- qui ont travaillé sur le plus gros avion commercial du monde, ont effectué une boucle au-dessus de la France avant de revenir se poser à Roissy Charles-de-Gaulle.

Sur le tarmac, les pompiers leur ont offert un "water salute", un arc monumental réalisé avec des lances à eau à plein régime, réservé pour les grandes occasions.

"Merci aux équipes A380", pouvait-on lire sur un panneau brandi par une hôtesse à l'embarquement.

Cet ultime vol marque la fin de la carrière du vaisseau-amiral d'Airbus au sein de la compagnie nationale française, la première compagnie européenne à l'avoir exploité en novembre 2009.

En un peu plus de dix ans, les dix A380 de la compagnie ont effectué près de 40.000 vols, transportant environ 18 millions de passagers vers les Etats-Unis, la Chine, l'Afrique du Sud ou encore le Mexique, selon Air France.

Le dernier vol commercial, un Johannesburg-Paris, s'est effectué le 23 mars, en pleine pandémie.

Air France, qui avait déjà décidé d'arrêter de faire voler le géant des airs fin 2022 en raison notamment de ses coûts d'exploitation trop élevés, a accéléré le mouvement avec la crise due au coronavirus et la lente reprise annoncée du trafic long-courrier.

"L'impact global de la dépréciation de la flotte d'Airbus A380 est estimé à 500 millions d'euros", selon la compagnie.

Air France avait déjà rendu au loueur Dr Peters en janvier un premier appareil. Les neuf restants sont actuellement parqués à Roissy (6 appareils), Tarbes (1) et à l'aéroport espagnol de Teruel (2). Quatre d'entre eux seront restitués au loueur tandis qu'Air France tentera de vendre les cinq appareils dont elle est propriétaire.

Pour Airbus, l'A380 restera comme un fleuron industriel mais un échec commercial. Les tronçons du dernier des 251 appareils commandés sont arrivés par convoi spécial le 18 juin à Toulouse.

L'appareil sera livré en 2021 à Emirates, son plus gros client (115 appareils), qui a annoncé qu'il continuait l'exploitation de l'A380. Mais le président de la compagnie Tim Clark considère qu'avec la pandémie, un géant des airs comme l'A380 est à terme "fini".

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