Pour imaginer les événements futurs, il est bon de se baser sur les leçons du passé. Or, en l'espèce, les enseignements du cas Renault en 1997 permettent de juger que l'effet du plan de restructuration amorcé par VW en Belgique sera nul ou presque sur les ventes de la Golf en Belgique. En effet, comme nous l'explique un observateur du secteur, "il faudrait m'expliquer ce qui, dans les statistiques des immatriculations de l'époque pourrait évoquer le moindre lien de causalité avec l'annonce de la fermeture de Renault Vilvorde". Et de fait, rien n'évoque ici le moindre événement marquant, alors que dans les showrooms, à l'époque, les revendeurs étaient forcés de baisser leurs marges pour garder leurs clients. En 1997, c'était en tout cas l'attitude des gros revendeurs inquiets de la stagnation de stocks importants de véhicules neufs. Mais pour un "petit" dealer, avec une clientèle fixe ? "On l'a ressenti, évidemment, avec des clients qui nous ont dit qu'ils n'achèteraient plus jamais de Renault, et qu'on n'a jamais revu...", nous explique Daniel Tilman, agent Renault à Jette. "Mais il faut évidemment relativiser cette attitude qui a surtout été ressentie durant les semaines où le problème a été évoqué dans les médias. Après six ou sept mois, le calme est revenu. Les clients se sont aussi inquiétés de la situation du réseau, de la disponibilité des pièces, et de la pérennité du réseau en Belgique". Quid d'un avantage en 2006, pour le réseau Renault face à VW ? "C'est une situation complexe. Dans un premier temps, les concessionnaires VW vont sans doute ressentir la situation, avec un impact en janvier au moment du Salon, même si c'est un Salon de l'utilitaire, mais on va aussi reparler de la fermeture de Renault Vilvorde, et il est possible que certains clients décident de boycotter les deux marques, c'est le probable revers de la médaille...", explique encore Daniel Tilman.

Chez un concessionnaire VW qui vient d'ouvrir ses portes à Bruxelles, on s'estime pratiquement immunisé contre le risque d'un revers global de la marque en Belgique. "Mais ça n'empêche pas de s'inquiéter à titre personnel pour les gens concernés par la situation, par l'impact sur leurs familles. Nous avons aussi des contacts avec les employés de VW Forest, puisqu'ils bénéficient de conditions dans le réseau VW, nous les connaissons, et c'est très dur. En outre, même si le comportement des consommateurs est souvent dicté par d'autres considérations, comme le prix du véhicule et les conditions, on sait que la question de savoir si le véhicule a été produit en Belgique est souvent posée. Cela fait plaisir à l'acheteur de savoir que sa voiture a été fabriquée chez nous", explique ce distributeur.

Qu'en pense-t-on chez D'Ieteren, la société qui importe et distribue les modèles VW ? "On est évidemment très tristes, les gens doivent être inquiets, et chez D'Ieteren, on n'a pas oublié les liens qui existent avec l'usine de Forest qui a ouvert ses portes en avril 1949 alors qu'elle appartenait au groupe, pour la production des Studebaker, avant de passer ensuite à la production de la Coccinelle, puis aux Porsche, avant d'être reprise par VW pour la production des Golf dès 1974", ctuellement, la Golf est en effet la deuxième voiture la plus vendue en Belgique devant la Renault Mégane sur les 9 premiers mois de l'année 2006.

Patrick Van Campenhout

© La Libre Belgique 2006