Depuis des lustres, mais plus encore depuis l'entrée en vigueur de la loi du 30 juin 1994 sur la copropriété, la gestion d'immeubles à appartements par des syndics professionnels laisse souvent à désirer, ce qui occasionne des préjudices sérieux aux copropriétaires. Forts de cette certitude, des représentants des copropriétaires et des syndics (à savoir le Syndicat national des propriétaires, la Fédération nationale des administrateurs de biens et la Koninklijk algemeen eigenaars verbond de Gand) ont décidé de créer une certification de qualité pour les syndics.

Celle-ci est entrée en vigueur début décembre dernier. Et un site Internet expliquant le pourquoi du comment a été créé à cet effet (www.kc-cq-syndic.be). Mais 31 syndics seulement sont à ce jour entrés dans le saint des saints: 12 de Flandre occidentale (Côte oblige), 8 de Flandre orientale, 6 en Région de Bruxelles-Capitale, 2 en Brabant flamand, 1 en Brabant wallon, 1 en province de Liège et 1 en province d'Anvers. C'est peu, fort peu, quand on sait que l'IPI, l'Institut des professionnels de l'immobilier, en compte plusieurs centaines...

Peut-être les syndics jugent-ils qu'ils sont déjà inscrits à l'IPI et que cela suffit? D'autant que la certification leur coûte 120 €. Peut-être les initiateurs de ce projet n'ont-ils pas suffisamment interpellé leurs membres? Et si c'était aux médias que la critique devait être faite? Remédions donc à cette lacune...

De quoi s'agit-il? Pour l'essentiel d'une charte dressant la liste de ce qu'un client est en droit d'attendre d'un véritable professionnel de la copropriété. En respectant les règles décidées par le pouvoir fédéral - dans la loi sur la copropriété et dans l'arrêté royal concernant la reconnaissance et la réglementation de la profession d'agent immobilier - et les règlements mis au point par l'IPI - notamment ceux concernant la déontologie des agents immobiliers -, un syndic fait déjà preuve de professionnalisme. Mais jugeant qu'il y avait quelques lacunes ou imprécisions, les initiateurs de la charte ont ajouté des points plus pratiques, plus concrets. Bref, une méthode de travail.

Au total, la charte est découpée en 26 points répartis en 3 grands chapitres: gestion administrative, gestion financière et gestion technique.

Dans le premier chapitre, le respect (tenue, classement, envoi en temps et en heures...) des cahiers des charges, dossiers de base, contrats, règlements d'ordre intérieur et autres procès-verbaux est mis en exergue. Tout comme le respect des engagements, avec distinction entre missions normales (comprises dans les honoraires courants) et missions spéciales (qui feront l'objet d'honoraires particuliers). Et c'est pareil pour les horaires: un «bon syndic» doit être disponible pendant les heures normales de bureaux et répondre à toute lettre, note ou autre communication endéans les 15 jours.

En matière financière, il doit être attentif à ce que les décomptes soient réalisés et envoyés en temps voulu. Mieux, il doit mener une politique d'encaissement des fonds des plus rigoureuses, à coup de rappels ou de mise en demeure. Et ce, sans faire l'amalgame entre fonds de roulement et fonds de réserve.

Côté technique, le syndic labellisé fera chaque année un rapport sur l'état du bâtiment et de ses équipements techniques, et établira un tableau d'amortissement de toutes les parties vitales du bâtiment, qui servira entre autres à l'élaboration d'un plan d'entretien à long terme. Quand des travaux importants s'avéreront nécessaires, il passera par des experts et plusieurs devis. Enfin, il informera tous les copropriétaires de l'élaboration de nouveaux règlements ou législations concernant la copropriété.

«Notre objectif, dit-on au Syndicat national des propriétaires, est moins d'imposer des contraintes que de sanctionner positivement les gens qui respectent les règles. Avec, en final, l'ambition de faire monter le niveau général de la profession». Le chiffre de 31 syndics certifiés est dès lors jugé satisfaisant. «Car ce n'est qu'un début...»

© La Libre Belgique 2005