Cinq ans après leur lancement, les «Business Angels» (généralement d'anciens entrepreneurs ou des particuliers qui aident de jeunes sociétés par un apport de capital à risques) viennent de créer en leur sein un nouveau fonds d'investissement: le Bams Angels Fund. Objectif: accompagner les entreprises en croissance en comblant le fossé entre leur financement de départ réalisé par les Business Angels et les institutions publiques, et le financement ultérieur de leur expansion apporté par les banques. «Le fonds a l'avantage de mettre à la disposition des entreprises des montants plus importants que ceux des Business Angels, mais les membres apportent aussi leurs expériences», explique Christophe Guisset.

L'initiative des Business Angels part d'un triste constat. L'apport de capital à risque pour les jeunes entreprises est passé d'un total de 265 millions d'euros en 2000 à 28 millions en 2004 en Belgique. De plus, tous les grands fonds privés ont relevé leur seuil d'investissement. En outre, la Belgique ne respecte pas encore les objectifs de l'Union européenne. Alors qu'elle recommande aux Etats de consacrer 0,2pc de leur PIB au capital à risque et 0,1pc aux jeunes entreprises, la Belgique n'en consacre que, respectivement, 0,1pc du PIB et 0,011pc.

Le nouveau fonds peut donner lieu à un co-investissement supplémentaire de la part des Business Angels. Pour son premier dossier, il a apporté 500000 € à la société Euremis (Braine-l'Alleud). «Nous étions trop petits pour les fonds à capitaux privés et trop grand pour les Business Angels. Grâce au nouveau fonds, nous avons trouvé les moyens nécessaires pour renforcer notre structure de capital et notre leadership, assurer la diversification de nos produits», témoigne Manoël Ancion, CEO d'Euremis.

Le nouveau fonds dispose d'une capacité de financement de 8 millions d'euros, mais espère la porter à 15 millions dans les 6 à 9 mois. Il s'intéressera d'abord aux entreprises wallonnes et bruxelloises, mais n'exclut pas de passer la frontière linguistique, car le but est d'opérer dans un rayon de 200 km. Il bénéficie du soutien de son grand frère américain basé à Boston et l'idée d'un co-investissement aux USA et en Europe est à l'étude.

© La Libre Belgique 2006