Se placer en position de force avant d’entamer une négociation, c’est élémentaire. Surtout quand cette négociation touche aux gros sous.

Pourtant, le gouvernement fédéral semble faire exactement l’inverse dans un dossier qui commence à sentir le brûlé : la recapitalisation de Dexia, la banque résiduelle que le sauvetage de ce qui allait devenir Belfius a laissé en héritage aux contribuables belges.

En effet, l’Etat va devoir payer le prix fort - entre 2,5 et 3 milliards d’euros - pour renflouer les caisses de cette banque chargée de produits toxiques. La France va également payer sa part mais elle est jugée trop faible face aux sacrifices que les Belges vont devoir consentir. Des contacts avec François Hollande et son gouvernement sont prévus cette semaine afin de tenter d’atténuer la douleur pour nos finances publiques. Mais la marge de manœuvre est quasi nulle : il y a urgence, la recapitalisation doit être bouclée pour le 7 novembre, sinon, c’est la mise en liquidation Inimaginable. Autant le dire tout de suite, les Français vont jouer la montre et ne pas faire de fleurs à la Belgique. Ben oui, il aurait fallu s’y prendre plus tôt

Le gouvernement fédéral a fait l’autruche et s’est enfoncé la tête dans le sable en reportant à plus tard ces arrangements délicats. A plus tard, c’est-à-dire après les élections locales d’octobre, après l’ajustement du budget 2012, après - espérait-on - la confection du budget 2013. Difficile de vendre dans les médias un nouveau sauvetage de Dexia alors que l’austérité va, à nouveau, frapper les Belges.