Malgré la crise du coronavirus, un quart des entreprises belges souhaite engager du personnel supplémentaire en 2021. Plus de la moitié (55 %) souhaite conserver ses effectifs en l'état actuel, alors que 6,5 % craint de devoir licencier une partie de son personnel. Enfin, un employeur sur dix envisage de remplacer des membres de son personnel car les compétences désormais requises font défaut. Voici les tendances qui ressortent d'une enquête menée conjointement par le groupe de gestion des ressources humaines Acerta, la KU Leuven et HR Square. Elle a été menée en ligne auprès de 576 employeurs durant le mois de septembre. Cette étude est en ligne avec les projections de la Banque nationale (via l'ERMG), qui postulait, malgré la perte de 100 000 emplois l'an prochain, un statu quo de la majorité des entreprises en termes de ressources humaines.

Trouver la perle rare, une tâche de plus en plus compliquée

Le marché de l'emploi a été relativement stable durant les derniers mois, avec peu d'engagements mais aussi peu de licenciements. Une stabilité qui devrait se poursuivre en 2021. "Le coronavirus freine les volontés d'embauche pour l'année prochaine. Mais 25 % des entreprises qui souhaitent engager, compte tenu des conditions actuelles, c'est une bonne nouvelle", indiquent les experts du marché du travail.

Un avis partagé par Marijke Verbruggen, professeur et coordinatrice Work & Organisation Studies à la KU Leuven. Elle souligne que la pandémie du coronavirus a provoqué une crise économique sans précédent qui a fortement secoué le marché du travail. "Très peu d'entreprises s'attendent à du changement l'année prochaine. Mais que certains employeurs prévoient d'embaucher, c'est un signal très positif qui augure une reprise de la croissance."

Les entreprises prévoient toutefois à rencontrer des difficultés au moment de trouver le profil idéal, malgré la "pénurie" sur le marché de l'emploi en Belgique. "Six employeurs sur dix expliquent déjà ne pas parvenir à trouver le bon profil correspondant à leur offre d'emploi. Pour l'année à venir, 55 % s'attendent à se heurter à cette pénurie sur le marché de l'emploi. Et pour 65 % d'entre eux, à cause du coronavirus, moins de travailleurs décideront spontanément de quitter leur emploi actuel", notent les auteurs de l'enquête.

"Un marché de l'emploi dynamique profite à tous"

De son côté, Acerta encourage les entreprises à former leur propre personnel pour lui apprendre de nouvelles compétences lorsque c'est nécessaire. "En 2021, le défi sera de proposer un parcours d'apprentissage aux employés. Nous remarquons que les employeurs s'obstinent à vouloir gérer eux-mêmes les formations. Seul un quart des employeurs est prêt à assumer le coût d'une formation d'un de ses travailleurs qui ne serait pas directement en lien avec son emploi ou à l'entreprise", détaille Kathelijne Verboomen, directrice du centre de connaissances d'Acerta."Pourtant, c'est un facteur indispensable pour conserver un marché de l'emploi dynamique, ce qui profiterait à tous les employeurs."

Pour Acerta, "le budget formation" mentionné dans l'accord de gouvernement est une des solutions à suivre.