Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Celui qui a déjà trouvé un rendez-vous médical en urgence chez un spécialiste est peut-être un adepte de la plateforme Tooddoc.

Tooddoc, c’est un réseau collaboratif qui permet de mettre en commun les disponibilités de dernière minute des praticiens sur une seule plateforme. Une idée sortie de la tête de Laurent Coppens, dentiste depuis une vingtaine d’années. Dans sa vie de tous les jours, Laurent Coppens, le cofondateur de la start-up, est obligé de refuser des demandes de patients en urgence à cause d’un planning trop chargé mais il fait également face à des annulations de dernière minute. C’est la combinaison de ces deux facteurs qui l’amène à créer sa solution, en 2018.

"Via une application web et mobile, le patient peut identifier, en temps réel, les médecins proches de chez lui et connaître leurs disponibilités", explique Jean-Benoît Henry, cousin de Laurent Coppens. Il suffira au patient de fixer le rendez-vous qui lui convient le mieux et de répondre à quelques questions qui permettront d’établir un prédiagnostic (utile pour évaluer le degré d’urgence).

"Améliorer la prise en charge des patients et le bien-être des praticiens, c’est le véritable créneau de Tooddoc", résume-t-il.

Initialement conçue pour les dentistes, l’application est étendue à neuf autres spécialités médicales : ophtalmologie, ostéopathie, pédiatrie, dermatologie, psychologie, gynécologie, psychiatrie, kinésithérapie et médecine générale. Depuis le lancement de la start-up, plus de 100 000 patients ont cherché un rendez-vous sur la plateforme qui référence 4 200 praticiens partout en Belgique.

Alors qu’elle est destinée à usage médical, la plateforme a subi la crise sanitaire de plein fouet. "On est passé de milliers de rendez-vous à zéro du jour au lendemain", indique Jean-Benoît Henry. Au moment du déconfinement en revanche, la prise de rendez-vous en urgence a augmenté de 130 % comparé au niveau d’avant-crise. "De nombreuses personnes n’osaient pas se rendre chez leur médecin et n’ont donc pas reçu les soins qu’ils auraient dus", explique l’entrepreneur. "C’est ce qui a engendré cet afflux de patients."

Une assistance virtuelle comme nouvel outil

Aujourd’hui les choses ont changé, la possibilité de rendez-vous est diminuée à cause des protocoles sanitaires en place et de l’administration alourdie. "Les médecins ne peuvent plus recevoir autant de patients qu’avant", déclare M. Henry. "On compte entre 15 et 50 % de capacité en moins."

Outre la mise en place de système de téléconsultation, l’équipe de Tooddoc, qui compte cinq personnes, a donc travaillé sur un système d’assistance virtuelle. Un outil développé sous forme de chatbox qui va prendre en main les interactions avec les patients pour diminuer le temps passé avec le spécialiste et permettre un suivi de traitement automatisé.

"Via ce nouveau produit, le patient peut encoder ses symptômes à l’avance, envoyer des photos et recevoir des indications pour soulager ses douleurs", explique Jean-Benoît Henry. Elle facilite aussi la gestion administrative puisque la plateforme utilise des logiciels de synchronisation pour les documents d’identité, "un avantage si on se rend chez un médecin pour la première fois".

Cette assistance virtuelle est utilisée pour le moment dans trois cabinets dentaires, "mais c’est tout nouveau", rappelle-t-il. "Augmenter son utilisation est un de nos objectifs pour les prochains mois."

Tooddoc fonctionne avec un modèle "Saas" (Software-as-a-Service) pour l’assistance virtuelle, dont le prix de base est de 55 euros et varie selon les modules choisis par les médecins. Ayant fonctionné sur fonds propres pendant un an, la start-up a ensuite levé 150 000 euros via Digital Attraxion (Sambrinvest) en deux fois.