Toutes les conventions (pacte d'actionnaires, constitution de sociétés, etc.) ne sont pas encore totalement signées, mais le projet de sauvetage du Val Saint-Lambert serait si bien avancé qu'il ne pourrait pas échouer. Aussi, les curateurs de la cristallerie, en faillite depuis le 8 août ont jugé bon d'en informer les travailleurs. Ils leur ont annoncé mardi avoir trouvé un repreneur pour l'entreprise en la personne de Pierre Grivegnée. Promoteur immobilier, il réalise déjà un projet global baptisé Cristal Park sur le site (centre de loisirs avec parcours touristique, restaurant, etc.) via la société Immoval.

Il ne manquait que l'exploitation de la cristallerie pour avoir un projet d'ensemble cohérent. Ce qui est désormais le cas. Pour s'assurer la reprise de l'usine, il a réuni autour de lui une série d'investisseurs privés qui participeront à l'aventure via sa société Speci (actionnaire d'Immoval) dont il est administrateur délégué. Une nouvelle société Val Saint-Lambert Industrie devrait voir le jour avec Speci comme actionnaire de référence. "Il y aura une période intermédiaire qui démarrera dès ce 1er octobre où nous reprendrons la gestion de la cristallerie jusqu'à la signature de tous les accords, ce qui nous prendra encore quelques jours" , nous a confié Pierre Grivegnée.

Son projet qui reste encore à détailler prévoit la reprise de la totalité du site et des 58 travailleurs. Les nouveaux propriétaires de la cristallerie auraient présenté un plan d'investissement d'environ 5 millions d'euros (nouveau four, etc.) et une rénovation de la gamme des produits n'est pas exclue. "Il n'y a pas de spéculation financière autour du projet et nous sommes satisfaits d'avoir cédé l'entreprise et sauvegardé une soixantaine d'emplois" , dit Me Pierre Ramquet, un des curateurs du Val Saint-Lambert.

En effet, l'autorisation de poursuite des activités de la cristallerie donnée par le tribunal de commerce de Liège aux curateurs expirait hier 30 septembre. L'accord entre Pierre Grivegnée et les curateurs arrive donc à point nommé et évite une interruption de l'exploitation. Mais le dénouement du dossier est rendu possible grâce à l'accord avec l'ancienne patronne du Val, Sylvie Henquin qui a finalement accepté de céder la marque Val Saint-Lambert qu'elle avait placée (avec les brevets, les magasins de Seraing, de Paris et de Bruxelles) dans une société, Val Saint-Lambert International.

Mais la Région wallonne dispose d'un droit de préemption en cas de cession de la marque Val Saint-Lambert et entend l'exercer. Elle en accordera la licence aux nouveaux propriétaires de l'usine. "J'entends conserver le droit de préemption de la Région pour éviter à devoir encore courir après elle comme ce fut le cas et permettre aux gens de travailler" , nous a précisé le ministre wallon Jean-Claude Marcourt (PS, Economie, Emploi). L'option ne dérange ni Pierre Grivegnée ni les syndicats. "C'est bien que la marque reste dans les mains de la Région. C'est plutôt une garantie" , disent-ils.