Citoyenneté Éclairage

Le président de l’association des parents, la dame qui passe un peu de temps auprès des malades à l’hôpital, le chef scout, le secrétaire du club de foot, Tous sont des bénévoles. " On l’oublie trop souvent , constate Gaëtane Convent, coordinatrice de la Plate-forme francophone du Volontariat. On ne se rend pas compte que tant de choses de notre quotidien ne fonctionneraient pas sans tous ces bénévoles. Sans eux, on devrait faire face à des pénuries dans les secteurs de la santé, du sport, de l’environnement, de la jeunesse, "

En Belgique, on estime le nombre de volontaires à plus de un million et demi. Ils sont près de 700 000 en Communauté française qui offrent en moyenne près de sept heures de leur temps par semaine toute l’année. " Beaucoup de bénévoles s’ignorent , constate Gaëtane Convent, qui précise : la Belgique figure parmi les pays où l’engagement civil est le plus important. Et ce, depuis toujours."

Secteurs

La loi sur le volontariat de 2005 le définit comme une activité ayant un caractère non contraignant au profit d’autres individus ou de la collectivité de manière non rétribuée et qui est effectuée dans un cadre plus ou moins formel.

Ils sont présents dans tous les secteurs de la société. La Plate-forme francophone du Volontariat en a identifié dix : l’action humanitaire et la solidarité internationale, l’action sociale et judiciaire, la culture, les loisirs et l’éducation permanente, l’enseignement, l’environnement, la santé et le bien-être, l’enfance et la famille, la jeunesse, les seniors, le sport et, enfin, les courants philosophiques, religieux et autres.

S’il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur le nombre de volontaires, les associations notent une certaine stabilité. Et même une légère progression. " Mais, même s’ils sont nombreux, on manque toujours de bénévoles. Notamment pour satisfaire certains besoins sociaux, comme l’aide aux personnes plus isolées. On manque, par exemple, de personnes pour des écoutes téléphoniques ou les taxis sociaux , explique Gaëtane Convent, qui note une évolution : l e temps d’engagement n’est plus le même. Auparavant, les bénévoles s’engageaient pour quinze-vingt ans dans la même association. Aujourd’hui, ils vont toujours faire du bénévolat pendant quinze-vingt ans mais en changeant tous les trois ou quatre ans d’association. Ils aiment découvrir de nouvelles choses, relever de nouveaux défis."

Les jeunes et les seniors

Les plus impliqués sont les 16-25 ans et les plus de 40 ans. "Entre les deux, il est normal d’être moins actif. C’est une période de sa vie où l’on devient parent, on commence à travailler" , note Gaëtane Convent.

La motivation des volontaires peut être très variée. " Certains s’engagent, car ils ont envie de changer le monde. C’est utopique bien sûr, mais en tout cas ils ont le désir d’apporter quelque chose. Ils ont besoin de se sentir utiles", note Gaëtane Convent. D’autres s’engagent pour une cause qu’ils estiment juste. D’autres encore voient dans le volontariat un intérêt en matière de formation, un moyen d’avoir de la reconnaissance, un statut social ou une occasion de créer un tissu social, de rencontrer d’autres personnes. Pour d’autres encore, il s’agit d’une logique culturelle : dans leur famille, on a toujours fait du bénévolat. " Chez les aînés surtout, on retrouve une logique de transmission. Ils estiment qu’ils ont reçu toute leur vie et que c’est à leur tour de donner maintenant ."