Les indépendantistes catalans sont donnés vainqueurs des élections régionales du 27 septembre en Catalogne (nord-est de l'Espagne) par un nouveau sondage publié vendredi, qui les crédite d'une quasi-majorité en voix (49,9%) et une majorité absolue en sièges au parlement régional (73 à 76 sur 135). Le chef de l'exécutif catalan Artur Mas (conservateur), qui brigue sa reconduction, estime que 68 sièges sur 135 lui suffiraient pour lancer un processus vers l'indépendance, en vue de la création d'un Etat catalan d'ici 2017.

Les indépendantistes ont formé pour la première fois une coalition, "Ensemble pour le oui", allant du centre droit à la gauche. D'autres indépendantistes "anticapitalistes", et très critiques envers le gouvernement régional sortant, se présentent séparément, avec la liste de la CUP (extrême gauche), mais se montrent prêts à négocier après le scrutin, "pour obtenir la République catalane".

Selon l'enquête de l'institut DYM, publiée par le quotidien digital El Confidencial, "Ensemble pour le oui" obtiendrait 63 à 65 sièges et 42,4% des intentions de vote; la CUP 10 à 11 sièges et 7,5% des suffrages.

Selon ce sondage, le parti de centre droit anti-indépendance Ciudadanos, en seconde position, ferait plus que doubler son score de 2012, passant de 7,6% des voix à 18,3% (21 à 23 sièges).

L'enquête place le Parti populaire catalan en troisième position, avec 11,9 des voix et 16 sièges, contrairement à de précédents sondages qui ne plaçaient le parti de Mariano Rajoy actuellement au pouvoir en Espagne qu'en cinquième position.

La liste de "Catalogne, oui, c'est possible", qui intègre le parti espagnol de la gauche radicale Podemos, est donnée quatrième, crédité de 10,4% des voix et 12 sièges.

Les banques alertent sur les risques pour la "stabilité financière"

Les associations bancaires espagnoles AEB et Ceca ont mis en garde vendredi contre les risques que représenterait une sécession de la Catalogne pour la "stabilité financière" après les élections régionales du 27 septembre. Si la Catalogne devenait indépendante et sortait de la zone euro, "ces difficultés obligeraient les entités (bancaires) à reconsidérer leur stratégie d'implantation" dans cette riche région espagnole, avertissent AEB et Ceca.

Ceci aurait pour conséquence "une réduction de l'offre bancaire", mais aussi de compliquer l'accès au crédit pour les particuliers et les entreprises, poursuivent les associations qui représentent des poids lourds du secteur espagnol comme Banco Santander et CaixaBank, mais aussi des banques étrangères.

Les appels au dialogue se sont multipliés ces derniers jours dans le monde économique espagnol, qui a lancé des mises en garde contre les projets du chef de l'exécutif catalan Artur Mas.

Ce dernier, membre d'une coalition indépendantiste, veut lancer un processus aboutissant en 18 mois à une déclaration unilatérale d'indépendance si les listes indépendantistes obtenaient une majorité absolue de sièges au parlement régional catalan lors des élections régionales du 27 septembre.

Après la diffusion du communiqué, l'indice des valeurs vedettes de la Bourse de Madrid, l'Ibex-35, a brièvement plongé en-dessous des 3%. Vers 15h30 (13h30 GMT) il évoluait à -2,59% à 9.845 points.