Elia Systems Operator, le gestionnaire du réseau d’électricité haute tension dans notre pays, est une société restée belge alors que la plus grande partie du secteur électrique national passait sous contrôle français. Ses statuts en font une valeur stable, une action "de bon père de famille", qui offre un rendement supérieur à la moyenne.

L’entreprise a convoqué pour mercredi 14 octobre une assemblée générale extraordinaire, pour autoriser la création d’actions nouvelles en faveur du personnel. A cette occasion, des questions seront posées sans doute par les actionnaires sur l’allure des affaires au troisième trimestre.

Depuis son introduction en Bourse en juin 2005, au cours de 26,50 euros, Elia a connu une évolution atypique. Elle est d’abord montée jusque 32,82 euros en octobre de la même année, puis n’a cessé de s’effriter, jusque 20,10 euros en octobre 2008.

Sans doute était-ce dû à un manque de compréhension de la nature réelle de l’entreprise en tant qu’investissement. On croyait qu’on avait retrouvé là une nouvelle Electrabel, autre valeur électrique de bon père de famille, qui sortait à cette époque des portefeuilles en raison de l’OPA de Suez. Mais il s’est avéré que le rendement d’Elia était inférieur à celui d’Electrabel.

Aujourd’hui, la valeur est plus justement perçue. Son cours est remonté aux environs de 27 euros, soit un peu plus que le niveau d’introduction. C’est qu’aux très bas taux d’intérêt actuels, le rendement d’Elia (environ 3,8 %) est quand même intéressant, et que le titre est statutairement doté d’une grande sécurité. Ce n’est pas négligeable en temps de crise. La rémunération de la société est calculée selon une formule fixée pour plusieurs années.

Une nouvelle formule, quadriennale, est entrée en vigueur au début de 2008, permettant au bénéfice net par action d’atteindre cette année-là 2,14 euros contre 1,62 euro l’année précédente. Mais la crise a par après rattrapé la société au tournant. Les petites et moyennes entreprises, surtout, sont avares en consommation de courant. Le beau temps aussi a réduit la demande.

Au premier semestre 2009, le bénéfice net a ainsi fléchi de 9,2 %. La hausse des charges financières joue aussi. Elia a emprunté récemment 1 milliard d’euros sur l’euromarché.

La valeur étant très peu risquée, ce que souligne notamment l’analyste Dieter Furniere de KBC Securities, deux cabinets d’analyse sur trois sont partisans d’accumuler des titres de la société, le troisième ayant le rating "conserver".