Selon le cadre analytique mis au point par la BNB pour suivre et évaluer les problèmes de liquidité et de solvabilité des sociétés non financières belges, 20 % des entreprises avaient épuisé leur trésorerie en septembre au point d'avoir besoin de liquidités supplémentaires. Ces problèmes de trésorerie se sont accumulés très rapidement en mars et avril et se sont stabilisés durant l'été.

Les mesures de soutien des autorités belges ont permis de soulager ces problèmes de liquidités, en ramenant à 15 % la part d'entreprises présentant un déficit de trésorerie. La BNB plaide pour une adaptation des instruments face à la deuxième vague. La BNB rappelle que la crise du coronavirus a fait fortement chuter l'activité économique en Belgique et a contraint de nombreuses entreprises à suspendre ou réduire leurs activités. Malgré la baisse du chiffre d'affaires, des obligations financières (à l'égard des fournisseurs, des employés, des autorités fiscales entre autres) restent elles en vigueur, conduisant à l'épuisement des réserves de liquidités.

Les mesures de soutien des autorités ont permis de soulager de nombreuses entreprises mais l'analyse des aides révèle également que les primes de nuisance et de compensation peuvent profiter à des entreprises qui n'en ont pas besoin, explique la BNB. Les prêts garantis par l'État et les moratoires sur la dette sont eux accordées dans une mesure beaucoup plus large à des entreprises qui font face à un besoin de liquidités.

L'érosion des fonds propres et l'aggravation de l'endettement menacent aussi de transformer cette crise de liquidité en un problème de solvabilité.

Face à la deuxième vague de la pandémie, la BNB considère que les politiques menées devraient graduellement se réorienter, de façon à maintenir la solvabilité des entreprises plutôt que de préserver leur liquidité. "L'objectif devrait être de garantir la restructuration de la dette lorsque c'est nécessaire et/ou l'accès au financement externe à long terme dont elles pourraient avoir besoin pour poursuivre leurs activités et assurer leur développement futur", ajoute la Banque nationale.