En janvier 2005, le groupe d'agences Trevi imaginait un indice immobilier original basé non sur des prix acquis, mais sur des prix demandés; autrement dit, sur des milliers de petites annonces émanant du groupe, de confrères, de notaires, de particuliers. Certes, cet indice se focalise sur les "rêves" - à tout le moins les attentes - des vendeurs; or, celles-ci ont bien baissé ces derniers mois suite à la médiatisation d'un risque de surchauffe et de la crise américaine du subprime (obligations à risque). Mais, à sa décharge, il a l'avantage de mieux coller à la réalité puisqu'entre la mise en vente d'un bien et l'enregistrement cadastral de l'opération, il peut s'écouler de 10 à 18 mois.

Lancé à 100 début 2005, à une époque où le marché se languissait déjà d'un palier, l'indice Trevi a encore gravi, en l'espace de près de deux ans, un échelon de 10 pc ! Depuis octobre 2006 - il y a donc un an et demi -, il stagne autour de 109. Au 31 avril de cette année, il était à 109,30 contre 109,17 trois mois plus tôt et 109,65 six mois auparavant.

"Le seuil de résistance du marché est atteint", indique Trevi dans son communiqué, qui, contre toute attente pour un agent immobilier, se réjouit de cette "évolution des prix qui ressemble à un zéro pointé, surtout après avoir connu des croissances de plus de 10 pc d'an sur les 5 à 6 dernières années". D'abord parce qu'elle... confirme ses pronostics. Petit coup d'encensoir donc. Ensuite en ce qu'elle permet de rassurer ceux qui s'inquiétaient "d'une éventuelle contagion dépressive provenant du marché américain ou, plus proche encore, du marché espagnol". Enfin - et surtout - "parce que pour éviter un krach ou même une correction sérieuse, il fallait trouver un palier, une zone de résistance comme disent les analystes."

Pour Trevi, "nous y sommes". Et "y être" veut dire que le mouvement vers un raffermissement du niveau de prix est enclenché. Compte tenu de l'évolution de la demande, du maintien de l'inflation à un bon niveau et d'une baisse des taux longs dans les 3 à 4 mois à venir, le groupe s'attend à une reprise à partir de la fin de cette année. Il conseille d'ailleurs aux candidats acquéreurs et investisseurs "de ne pas trop attendre pour entamer leur recherche sur le marché. Celui-ci leur est encore favorable par le choix proposé et la relative souplesse dans la négociation". Une négociation d'autant plus importante que l'inflation se rapproche des 4 pc et que l'espoir de plus-value s'est fortement minimisé. Les investisseurs doivent donc viser un rendement locatif net minimum de 4 pc.