Ce n’est pas encore le début de la fin de la récession. C’est, au mieux, quelques indices laissant présager que le début de la fin se rapproche.

"Les perspectives de croissance restent faibles", rappelait d’ailleurs vendredi l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Il n’en reste pas moins que les chiffres et autres statistiques publiés au cours des derniers jours laissent plutôt poindre une reprise, encore bien timide.

Les indicateurs restent certes dans le rouge, mais leur chute semble désormais ralentie par rapport aux mois précédents.

En France, par exemple, les statistiques sur la production industrielle publiées vendredi montrent un nouveau recul de 0,5 pc en février.

C’est toutefois une nette amélioration par rapport à janvier dernier, lorsque cette même production s’était effondrée de 3,9 pc. De quoi permettre au ministère de l’Economie d’évoquer une "amorce de convalescence".

Même évolution en Allemagne, la principale économie de la zone euro. Là encore, la production industrielle a continué à ralentir en février (-2,9 pc) mais à un rythme nettement moins élevé qu’en janvier (- 6,1 pc).

Pas de quoi susciter l’euphorie, toutefois. "La production industrielle devrait continuer à rester faible dans les mois à venir", estime le ministère allemand de l’Economie.

Les affaires semblent aussi reprendre en Chine, où la chute des exportations a ralenti en mars avec un déclin de 17,1 pc sur un an, après une baisse de 25,7 pc en glissement annuel en février.

Obama optimiste

Or, l’économie chinoise est fortement dépendante des exportations vers le reste du monde, notamment vers les Etats-Unis. Mais là encore, une hirondelle ne fait pas forcément le printemps. "On peut difficilement dire que cela signale une tendance" véritable, en raison "des incertitudes qui perdurent", a d’ailleurs commenté Jason Xu, analyste de China International Capital Corporation (CICC).

Les prochains jours devraient par ailleurs permettre de mieux appréhender la situation de l’économie américaine. Les chiffres des ventes de détail seront dévoilés mardi puis ceux de la production industrielle mercredi. Ils devraient montrer si les ménages ont retrouvé de l’appétit pour consommer, en dépit d’une flambée quasiment sans précédent du chômage (plus de 3 millions de pertes d’emploi au cours des cinq derniers mois).

Une majorité des économistes interrogés par le "Wall Street Journal" estime que la récession devrait prendre fin en septembre prochain aux Etats-Unis. Cela ne signifie pas pour autant que l’économie se redressera comme par enchantement. Selon les responsables de la Réserve fédérale (Fed), l’économie américaine devrait en fait ralentir sa chute "progressivement jusqu’à se stabiliser au second semestre et progresser lentement" en 2010.

Les Américains seraient néanmoins sur la bonne voie, selon le président Barack Obama. "Ce que nous commençons à observer, c’est une lueur d’espoir pour l’économie", a-t-il affirmé vendredi, évoquant l’augmentation du nombre de prêts accordés aux petites entreprises, les réductions fiscales qui commencent à prendre effet ainsi que de nouveaux investissements dans les infrastructures et l’énergie. "L’économie est encore terriblement sous pression", a-t-il ajouté.

Rien n’est toutefois encore gagné.