ENTRETIEN

En juillet dernier, le groupe de maintenance aéronautique TAT Industries mettait la main sur Sabena Technics, ex-filiale de la Sabena chargée de l'entretien des avions et gérée par la curatelle depuis la faillite de la compagnie nationale belge en novembre 2001. «Pour le conseil d'administration de TAT Industries, l'élément déclencheur du rachat de Sabena Technics a été la très grande complémentarité entre les deux entreprises. Nous pratiquons le même métier sur des types d'avions différents (NdlR: des avions régionaux comme l'ATR, le Fokker ou l'Embraer pour TAT, la famille Airbus et Boeing pour Sabena Technics), des types d'équipements différents et pour des clients différents. Nous ne nous marchons donc pas sur les pieds», a expliqué Christophe Bernardini, le nouveau patron français de Sabena Technics et directeur général de TAT Industries dans un entretien accordé à «La Libre» et à «L'Echo».

Pour Christophe Bernardini, le grand défi du management sera de poursuivre en interne le changement des mentalités: «Sabena Technics a un peu vécu la même histoire que TAT Industries qui est aussi passé du statut de filiale de compagnie aérienne (NdlR: la compagnie TAT European Airlines avait été rachetée par British Airways) à celui de fournisseur de maintenance indépendant. Lorsque vous êtes une filiale de compagnie aérienne et que le gros de votre plan de charge est assuré par votre maison mère qui est aussi un client captif, la remise en question est moindre. En tant que fournisseur indépendant, si votre client n'est pas content, il s'en va! Aujourd'hui s'ouvre une nouvelle ère pour Sabena Technics. Il va falloir réorienter l'entreprise pour la rendre conforme aux facteurs de succès de cette industrie».

Christophe Bernardini estime que les coûts salariaux chez Sabena Technics (1200 travailleurs) sont de 15pc supérieurs à ceux en vigueur chez TAT Industries. «L'idée n'est pas de continuer à diminuer les salaires mais de mieux adapter l'organisation interne. Dans la production, des gains de productivité considérables sont possibles. Les nouvelles conventions collectives de travail vont permettre une plus grande flexibilité horaire afin d'être là lorsque les clients ont besoin de nous». En clair, le personnel de Sabena Technics travaillera davantage en hiver, moins en été. «Nous avons un vrai projet pour cette entreprise», précise-t-il ajoutant que «la place de Bruxelles est un bon tremplin pour l'expansion du groupe en Europe du nord et à l'Est».

TAT Industries prévoit d'investir 30 millions d'euros au cours des trois prochaines années à Zaventem. Au menu, la construction d'un nouveau site qui permettra de regrouper certaines activités aujourd'hui éparpillées.

Côté financier, Sabena Technics devrait terminer l'année 2005 sur une perte de 1,5 million d'euros (contre -2,5 millions en 2004) et un chiffre d'affaires en léger recul à 118 millions d'euros (122 millions en 2004). «Notre objectif pour 2006: l'équilibre financier et un chiffre d'affaires à la hausse».

© La Libre Belgique 2005