Les syndicats montent au créneau. Alors que la CEO de Proximus Dominique Leroy a annoncé, jeudi dernier, sa démission et son départ chez l'opérateur KPN, les syndicats s'inquiètent pour le futur et craignent une OPA agressive de son concurrent néerlandais.

Dans une lettre ouverte adressée au président du Conseil d'Administration et de la Commission Paritaire de Proximus, Stefaan De Clerck, CSC-Transcom, la CGSP et le SLFP estiment "qu'il y a clairement un conflit d'intérêts" et s'inquiètent du fait que Dominique Leroy ait "toujours accès à toutes les informations confidentielles et stratégiques de Proximus".

"Plus que jamais, nous sommes convaincus que le plan (de transformation) menace l'avenir de Proximus. L'annonce par le CEO démissionnaire de poursuivre le plan de transformation de FFP avant son départ nous fait craindre que ce plan n'ait été proposé que dans le but de laisser Proximus dans la difficulté afin de lancer ensuite une "attaque télécom sur la Belgique" via KPN. Il semble évident que Proximus ne sera alors plus un problème pour le succès de son attaque. C'est pourquoi nous exigeons que Proximus coupe immédiatement tout contact avec le CEO. Ceci serait le cas pour n’importe quel employé partant travailler pour un concurrent Pour conserver une situation saine, toute collaboration doit être interrompue !", expliquent les syndicats en front commun.

"Nous demandons que le plan de transformation ait une dimension plus sociale. Nous éprouvons des difficultés à comprendre que Mme Leroy veuille conclure ce plan alors qu'elle part vers une concurrence potentielle. On parle tout de même de 1.900 emplois supprimés sans qu'elle ne soit là, après, pour l'implémenter. Niveau confiance, c'est limite", a déploré Stéphane Daussaint de la CSC Transcom, à l'agence de presse Belga.

Aux yeux des syndicats, la rupture de confiance est totale et la patronne de l'entreprise semi-publique va aller renforcer un concurrent direct. Tous rappellent que l'opérateur néerlandais a déjà eu des vues sur Proximus dans le passé et que l'opération ne s'était finalement pas faite.

Les syndicats pointent aussi la vente suspecte d'actions de Mme Leroy le 1er août 2019, pour un peu plus de 285 000 euros. Le gendarme boursier, la FSMA, examine s'il n'est pas question d'un éventuel délit d'initié. Dominique Leroy a rétorqué dimanche après-midi que son départ de l'entreprise n'était "en aucun cas la raison de ma vente d'actions".