Le salon Batibouw ouvrira samedi ses portes au grand public. Jeudi et ce vendredi, seuls les professionnels peuvent les franchir. Si l'on peut tabler l'affluence au salon sur la seule première journée, elle franchira un record.

1 Entre 300 et 350000 visiteurs. C'est la fourchette que les organisateurs continuent de donner. "L'an dernier, explique Laurence de Vestel, fille du fondateur et actionnaire de la société Fisa qui organise le salon, nous avons passé le cap des 260000 visiteurs. Mais c'est tellement aléatoire que nous n'aimons pas faire de pronostic. Deux jours de neige ou un week-end très ensoleillé peuvent modifier la donne." La conjoncture économique n'est, bien entendu, pas sans effet. "Mais, quoi qu'on en ait dit, je ne pense pas que les moindres performances du salon de l'Auto soient un signe. Pour moi, il n'y a pas de corrélation." Par contre, elle se dit plus inquiète par rapport aux statistiques du secteur du bâtiment émises par la Confédération Construction et, surtout, à ses perspectives. En 2007, la construction n'a présenté qu'une croissance de 3,5 pc contre 9,1 pc en 2006. Un chiffre rassurant, mais très faible. Quant à 2008, elle cumule les incertitudes et s'annonce encore moins favorable que 2007.

2 Le durable, une thématique... bateau. Mais à laquelle Batibouw ne pouvait échapper. Plus de deux tiers des entreprises liées à la construction (ses produits, leur mise en oeuvre...) sont passées à l'heure du durable - à tout le moins de l'environnement au sens large. "Il y a quelques années, c'était une tendance, ajoute Laurence de Vestel. La hausse de la facture énergétique, le réchauffement climatique, les inquiétudes liées à la pollution... ont incité les sociétés et les consommateurs à penser durable. Aujourd'hui, cette problématique est incontournable. Si nous avions choisi une autre thématique, personne n'aurait compris." Le parcours baptisé environnement qui emmène le visiteur à la découverte des nouveautés en la matière (éoliennes, chaudières à pellets, pompes à chaleur...) ne comporte toutefois pas plus d'arrêts que ceux des années précédentes. "C'est volontaire, conclut-elle. Les nouveautés sont proposées par les exposants mais sélectionnées par un jury indépendant qui se modère. Sinon, les trois quarts des stands feraient partie du parcours. Ce qui ne veut pas dire que tout est durable : il y a toujours des jacuzzis et des piscines au salon..."

3 De plus en plus en amont... Jusqu'à l'année dernière, les grands utilisateurs du terme "durable" étaient, pour l'essentiel, des fabricants de produits : panneaux isolants ou solaires, pompes à chaleur, citernes d'eau de pluie, etc. Cette année, les producteurs de matériaux s'y sont mis : le cuivre est durable, l'aluminium aussi, tout comme le béton (voir ci-dessous).

4 Le clé-sur-porte s'y met aussi. "Environnement", "durable", "basse consommation"... sont aussi les leitmotivs des sociétés qui terminent le cycle de la construction : les entreprises de construction en clé-sur-porte. Certes, ils sont poussés dans le dos par les exigences européennes et, parallèlement, peuvent tabler sur l'économie que réaliseront les candidats-bâtisseurs via l'obtention de primes régionales. Mais dans l'ensemble, tous les grands opérateurs s'y sont lancés à fond. Chez T'Palm, on parle de maisons basse énergie et de "Pack énergie". "On construit déjà au-delà de la norme exigée par la Région wallonne, indique Pierre Pirard, directeur des ventes. De quoi faire passer la consommation moyenne de 2400 à 1800 litres de mazout. En isolant mieux, mais également en utilisant des matériaux plus performants (vitrage...). Aujourd'hui, on propose mieux avec le pack énergie (meilleure isolation des murs, des sols et des toitures, étanchéité de l'air renforcée, ventilation avec récupération de chaleur) qui ramène la consommation à 764 litres. On espère que cette maison basse énergie - de 6 à 8 pc de surcoût - deviendra rapidement le standard et représentera 3 ventes sur 4." A quand donc des maisons clé-sur-porte passives ? "Nous y réfléchissons, indique Eric Reumont, directeur commercial chez Maison Blavier. On n'y est pas encore, certes, mais d'ores et déjà on surfe sur la vague : toutes nos maisons sont "thermo", c'est-à-dire très bien isolées, suite à l'augmentation de la couche de polyuréthane des chapes, murs et toitures. De quoi gagner jusqu'à 40 pc de la facture énergie." De là à parler de panneaux solaires et de pompes à chaleur de série, il y a un pas. "Question de prix, bien sûr, ajoute-t-il, mais également de fiabilité. Et aussi pour le candidat bâtisseur, de lenteur dans l'obtention des primes promises."