Par les femmes, pour les femmes. C’est, en résumé, le principe de Yunomi, un site lancé voici un an par Unilever, géant mondial des produits de grande consommation (Solo, Calvé, Coral ). Objectif: "Offrir aux utilisatrices, simplement et chaque jour, un moment à soi" , explique Christel Vereecken, multibrand project manager. "Aujourd’hui une femme est épouse, maman, collègue, amie et doit jongler avec ces multiples rôles. Nous voulons lui montrer que son cas n’est pas unique mais vécu par des milliers d’autres femmes", dit-il. Yunomi propose ainsi des forums de discussion, mais aussi des articles pratiques, des recettes de cuisine ou des portraits de femmes, ce contenu étant rédigé par des rédactrices spécialisées, mais aussi par les membres de la communauté elles-mêmes. Certaines actions sur Yunomi (poster un commentaire, ouvrir la newsletter ) rapportent en outre des "nomis", c’est-à-dire des points de fidélité qui pourront ensuite s’échanger contre des cadeaux. Un an après le lancement officiel, les chiffres sont impressionnants. Yunomi a réuni en douze mois quelque 4,8 millions de visiteurs uniques dans l’ensemble du Benelux, pour 240 000 membres enregistrés. Côté participation, un critère crucial pour évaluer le succès d’une communauté, les résultats sont à la hauteur du trafic: 125 000articles, 60 000recettes et 2,2millions de commentaires publiés par les membres. Sur base de ces statistiques, on peut dire qu’Unilever a réussi à créer une véritable communauté là où d’autres annonceurs (Fortis, Thalys et Eurostar ) ont échoué dans le même exercice. L’honnêteté commande toutefois de dire qu’Unilever ne partait pas d’une feuille blanche puisque Yunomi a remplacé deux autres programmes du même type, "Life’n’cooking" aux Pays-Bas et "100 façons" en Belgique. "Nous sommes étonnés par ce succès ", confesse Christel Vereecken. Un engouement qui a conduit Unilever à lancer récemment un véritable magazine papier issu des contributions des utilisatrices sur le site. "Nous réfléchissons aussi à amener Yunomi sur d’autres canaux comme l’iPhone. Des membres nous demandent même d’organiser des événements dans le monde réel où elles pourraient se retrouver." Pour Unilever, Yunomi est une façon de répondre au comportement actuel des consommateurs et à leur immunisation grandissante aux canaux publicitaires traditionnels. Les ménagères entre 30 et 50 ans n’échappent pas à ce phénomène. Pour atteindre ce groupe-cible plus volatil et plus informé (effet Google oblige) qu’auparavant, les marques cherchent à tisser de nouveaux liens en lui apportant une véritable valeur ajoutée dans la vie quotidienne. Dans un dessein plus large encore, Yunomi permet à Unilever de s’adresser directement aux femmes responsables de l’achat dans un foyer sans passer par la case de la grande distribution. Bien que la société s’en défende, cette démarche n’est pas anodine après le conflit qui a opposé Unilever à la chaîne Delhaize il y a quelques mois. Last but not least, Yunomi s’intègre dans une stratégie plus globale qui vise à rendre Unilever plus visible auprès des consommateurs. "Auparavant, Unilever était un conglomérat de différentes marques", explique Aurélie Ghert, public affairs & media relations manager Belgium. "Nous voulons qu’à moyen terme, le consommateur connaisse Unilever comme une sorte de label de qualité qui possède différentes marques sous son ombrelle. Cette approche nous permettra aussi de mettre en avant des aspects méconnus de nos activités, comme notre engagement pour le développement durable", conclut-elle.