La société anglo-hollandaise Unilever arrive deuxième au monde après Procter and Gamble pour la vente de produits de grande consommation, alimentaires et autres. Sous l’angle de l’investissement, elle présente un caractère défensif car, en période de récession comme de prospérité, les articles de première nécessité seront les derniers à être sacrifiés par les consommateurs. Toutefois, la baisse des prix de détail, attestée par les indices, affecte aujourd’hui les résultats.

Le compte de profits et pertes du troisième trimestre qui sera publié vendredi prochain 6 novembre devrait confirmer cette évolution, qui avait d’ailleurs été anticipée par le cours de Bourse l’an dernier. Celui-ci avait été réduit de moitié entre décembre 2007 et mars 2009, revenant de 25,7 à 13,50 euros. On est remonté actuellement à un peu plus de 20 euros, mais cela pourrait être seulement le reflet de l’euphorie qui a saisi ces derniers mois les investisseurs dans tous les secteurs.

L’évolution des bénéfices de la société ne correspond d’ailleurs pas à celle de la conjoncture mondiale. L’an dernier, alors que la crise battait son plein, le bénéfice net par action a bondi à 1,79 euro contre 1,35 euro l’année précédente. Il est juste de dire que des éléments exceptionnels ont joué : la société a vendu une série d’activités, dont les fromages français Boursin et les produits américains de lessive et de soins.

Mais il y a eu d’autres facteurs positifs : les prix de vente ont été en hausse, reflétant l’évolution des matières premières antérieurement, le chiffre d’affaires s’est gonflé dans les pays émergents, et la société a lancé une restructuration se traduisant par la suppression de 20000 emplois en quatre ans.

L’exercice 2OO9 se présente beaucoup moins bien, sous l’effet d’une guerre des prix et des charges de restructuration, cette dernière ayant atteint son rythme de croisière. Le consensus des analystes voit le bénéfice net annuel par action rétrograder à 1,27 contre 1,79 euro, avant une reprise à 1,42 euro en 2010.

En fait, les analystes se tâtent : sur 29 d’entre eux, 6 conseillent d’acheter, 5 d’accumuler, 12 de conserver, 1 de réduire et 4 de vendre. Certes, la tendance générale est positive, mais la minorité des pessimistes n’est pas négligeable.

Le bureau d’analyse d’UBS réagit à cette dichotomie en se déclarant récemment "neutre". Une indication positive quand même : avant cette prise de position, il recommandait de vendre.