Les valeurs du secteur pétrolier étaient orientées à la hausse jeudi : en Europe, l'indice DJ Stoxx du pétrole et du gaz gagnait 1,7 pc en milieu d'après-midi, tandis que les deux plus grosses "majors" américaines, Exxon et Chevron, montaient d'environ 1 pc.

"Les cours élevés du pétrole sont une bonne nouvelle pour les compagnies pétrolières car cela pourrait les aider à maintenir en 2008 leur très haut niveau de rentabilité", estime Antoine Leurent, de KBC Securities, dans une note d'analyse. Mais la hausse des cours du brut n'est pas forcément une aubaine pour des compagnies dont les activités s'étendent de l'exploration-production aux stations-service.

L'accélération de la hausse du baril a certes incité ces derniers mois les analystes à relever de nouveau leurs estimations de résultats et leurs objectifs de cours pour les valeurs pétrolières. Mais certains s'interrogent aujourd'hui sur la part de la hausse des cours que les compagnies parviendront à conserver. La capacité des majors à bénéficier des prix records du pétrole est notamment limitée par le fait que le gaz naturel représente entre 30 et 40 pc de leur production et que cette dépendance vis-à-vis du gaz augmente.

En outre, les grandes compagnies possèdent d'importantes activités de raffinage, dont la part dans le chiffre d'affaires a augmenté ces dernières années. Or, la hausse du brut devrait peser sur les marges de raffinage, estiment les analystes, ce qui réduirait son impact positif sur la rentabilité globale des majors.

Enfin, les accords dits de "partage de production", conclus avec des Etats dans lesquels sont situés les gisements d'or noir ou de gaz, représentent une part croissante de la production globale des majors, ce qui permet à ces Etats d'engranger directement une bonne part de la hausse des cours. (AFP)