C'est dans une relative discrétion que l'ULB a décidé, en novembre 2005, de vendre quelques-uns de ses terrains afin de récolter de quoi réaliser une partie de ses projets immobiliers 2005-2010, dont la construction de la future extension de l'école Solvay et des projets au Solbosch. L'appel à candidature a été lancé au printemps. Le foncier en question est localisé au Campus de la Plaine, dans l'enceinte de l'ancienne plaine de manoeuvres, le long du boulevard du Triomphe. Soit plus de 9 hectares répartis en trois lots, un grand (dans la partie courbe du boulevard) et deux petits (sur les côtés).

Les avantages de l'offre de l'ULB sont doubles : 9 hectares en ville, ce n'est pas rien; et puis, la "zone levier" de Delta est toute proche, qui verra prochainement son avenir transposé dans un schéma directeur.

"Le bureau d'études qui le réalisera sera désigné fin du mois, dit-on à la Région. Au terme de 6 mois, il proposera un projet de développement global concocté avec l'ensemble des partenaires de la zone. Pour Delta, la Région n'a pas caché sa volonté de privilégier l'aspect "porte d'entrée" de la ville". Avec les gestes forts que l'on imagine.

Delta est tellement proche que quand la Région de Bruxelles-Capitale a été informée de cette mise en vente, elle a décidé d'englober le plus grand lot dans la zone levier. Un atout supplémentaire aux yeux des acquéreurs.

Trois candidats

Des cinq sociétés "préqualifiées", trois sont encore en lice : Immobel (Compagnie immobilière de Belgique), Wilhelm & Co (développeur de Mediacité à Liège et de l'Esplanade à Louvain-la-Neuve) et l'entreprise CFE via son bras immobilier BPI.

Le choix final interviendra ce lundi 16. Il paraîtrait qu'Immobel a mis la barre plus haut que les autres et serait donc l'élu. Car c'est bien le montant "correct, voire avantageux par rapport à la valeur estimée" qui, aux yeux de l'UBL, importait le plus, lit-on dans une note des autorités de l'université au Bureau Etudiants Administrateurs (BEA), ajouté à "l'absence de conditions suspensives" permettant une "réalisation rapide".

Il faut dire que les éléments urbanistiques ne pouvaient donner lieu à de véritables propositions. La zone est en effet affectée aux équipements collectifs. Mais dans le futur, il pourrait en être autrement. "Moyennant un plan particulier d'aménagement (PPA) qui ne déroge pas au Pras (Plan régional d'affectation du sol), ce que le schéma directeur à venir pourrait recommander, explique un observateur du dossier, on peut y faire tout ce que l'on peut faire dans une zone de forte mixité : du logement, des bureaux, des commerces, etc." Soit des destinées bien plus... juteuses, ouvrant de nouveaux horizons aux candidats qui ont donc intérêt à "avoir un pied dedans".

Dans la précipitation ?

Ce dont certains ont tenu compte dans leur offre, proposant un prix variable. "Si le prix offert est soumis à ce qui sera construit sur le terrain, poursuit le même observateur, rien ne dit que le développeur ira au maximum de ce qui est possible en termes de superficie bâtie. Il aurait sans doute mieux valu pour l'ULB attendre le schéma directeur, obtenir elle-même les droits de construire et seulement alors les mettre en vente au plus offrant". D'autant qu'elle est moins pressée qu'on pourrait le croire puisque les bâtiments que cette opération financerait n'ont pas encore leur permis d'urbanisme.

© La Libre Belgique 2006